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Du Pain et des Roses

Violences sexistes et sexuelles

Victimes de viols : pour un policier d’Alliance, il faut évaluer « la part de responsabilité de chacun »

Rémi Alonso, syndicaliste Alliance Police, défendait sur BFMTV de façon scandaleuse le comportement patriarcal de la police de Montpellier dénoncé cette semaine et reprenait à son compte la culpabilisation des victimes de violences sexuelles. « Il y a tout un tas de questions qui sont posées pour déterminer la part de responsabilité » justifie-t-il.

lundi 11 octobre

Crédit photo : Métropolitain

Interrogé sur BFMTV suite à un rassemblement devant le commissariat central de Montpellier qui a réuni ce dimanche une centaine de femmes pour dénoncer le traitement de la police lors des dépôts de plaintes des victimes de violences sexuelles, Rémi Alonso, syndicaliste Alliance Police estime que remettre en cause la parole des victimes, c’est « quelque chose de tout à fait normal ».

Défendant le comportement culpabilisateur du commissariat de Montpellier vis à vis des victimes, il a défendu qu’il est important de poser ses questions pour "déterminer la part de responsabilité de chacun" et pour « savoir qui est coupable et qui est innocent ». Une défense scandaleuse qui responsabilise les victimes de violences sexuelles et banalise en cela les violences sexistes et sexuelles.

C’est à la suite d’une vague de témoignage dénonçant la culpabilisation des victimes de violences sexuelles et la délégitimation de leur parole par le commissariat central de Montpellier, que se tenait ce rassemblement. Des témoignages glaçants dénonçant les interrogatoires honteux, comme le révélait en septembre la militante féministe Anna Toumazoff dans une série de tweets : « Au commissariat central de Montpellier on explique aux victimes de viol qu’une personne qui a bu est forcement consentante », « on refuse de recevoir des victimes de viol en raison de leur tenue » ou encore « la seule réponse donnée est qu’elles l’on bien cherché ».

Depuis, l’institution policière est vent debout contre ces dénonciations et légitime ces procédés, cherchant à retourner de façon scandaleuse la situation en criant au « police bashing ». Bruno Bartoccetti, responsable régional du syndicat unité SGP police, a ainsi réagi pour tenter de défendre ses collègues et l’institution policière en général : « Nous ne devons pas remettre en cause notre travail, notre approche auprès des victimes lorsque elles se présentent devant les policiers » et « en aucun cas cibler un policier qui fait son travail avec professionnalisme ». Une défense dans laquelle s’inscrit donc Rémi Alonso d’Alliance police.

Ces déclarations rappellent une fois de plus le caractère sexiste de l’institution policière et du syndicat Alliance, d’ailleurs au cœur de plusieurs scandales ces derniers mois avec notamment la mise en examen pour attouchement et acte de pédophilie de l’ex numéro deux du syndicat. En réponse à ces prises de position un #Doublepeine a émergé sur Twitter pour dénoncer la prise en charge de la police et libérer la parole des victimes.

Or, la répétition d’affaires témoignant de cette culpabilisation des victimes de violences sexistes et sexuelles, à l’image de la sortie scandaleuse de la directrice de la police de Meurthe et Moselle qui a osé affirmer « Je n’ai jamais vu une femme "victime" dans ma carrière de GHB qui buvait de la Badoit ou du Coca », est la preuve du caractère structurel de ces comportements au sein de l’institution policière.

Cette nouvelle sortie honteuse est en effet une preuve de plus que nous ne pouvons pas faire confiance à l’État et à sa police pour combattre les violences sexuelles, qui par ces propos banalisent et justifient les faits en délégitimant les victimes. Ces récentes affaires révèlent le fonctionnement profondément patriarcal de la police, qui nie, efface et décourage la parole des victimes et joue un rôle clef dans la perpétuation et la reproduction des violences sexistes et sexuelles. En ce sens, ce n’est pas du côté de Rémi Alonso ou de toute l’institution policière derrière elle qu’il faut chercher des solutions contre les violences sexistes et sexuelles mais bien en comptant sur nos propres forces pour arracher à l’État des moyens pour la prise en charge des victimes de violence.




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