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Du Pain et des Roses

Coup de gueule

Violences conjugales. « On veut avoir le droit de rester vivantes »

Une mascarade de plus, un coup d'épée dans l'eau, Edouard Philippe nous annonce ses mesurettes, après qu'ils se soient soi-disant trituré l'esprit pendant des mois. Des déclarations sur le grenelle contre les violences conjugales qui n'ont rien à voir avec la gravité de la situation.

mercredi 4 septembre

À 15h00 cette après-midi Édouard Philippe est venu annoncer les mesures prises pour le grenelle sur les violences conjugales.

En premier lieu, 5 millions d’euros seraient débloqués pour créer 1000 places d’hébergement d’urgence. Tout cet argent pour seulement 1000 places ? Pendant ce temps, des milliers de logements restent vides, alors qu’ils pourraient être réquisitionnés.

Deuxièmement, un audit sera installé dans les postes de police, commissariat et gendarmerie. On marche sur la tête avec ce gouvernement, qui continue de développer la dotation de la BAC en armements anti-émeutes, et veut nous faire croire que la police peut être sensibilisée sur le sujet, quand elle a toujours eu le rôle d’humilier les femmes qui venaient déposer plainte et pleinement été compatible avec le patriarcat .

Ensuite, un numéro de téléphone sera à disposition des femmes victimes de violences conjugales. Le gouvernement pense-t-il vraiment qu’on va combattre les violences conjugales avec un numéro de téléphone ? Une plateforme d’écoute et d’aide aux enfants victimes de maltraitances existe depuis plusieurs dizaine d’années : y a-t-il moins d’infanticides ou moins de maltraitance ? Non.

Les plateformes téléphoniques c’est une chose, si ce n’est pas suivi d’effets cela ne sert strictement à rien d’en créer. Il faut une logistique derrière, une prise en charge immédiate dès le coup de fil jusqu’à la sécurisation complète de la victime et de sa famille avec un suivi post dépôt de plainte. Nous sommes loin des mesurettes annoncées par le premier ministre.

Les mesures d’éloignements sont plus que primordiales car la majorité des femmes qui décèdent sous les coups, décèdent sous les coups de leurs ex-conjoints, surtout quand il y a des enfants qui servent de prétexte d’approchement.

En ce qui concerne le discours du premier ministre, évoquer les violences faites aux hommes dans ce grenelle qui est tâché du sang de 101 féminicides, c’est une insulte à toutes ces victimes. Sans compter le dérapage de Schiappa qui explique que les hommes qui frappent leur femme devant leurs enfants ne sont pas des bons pères, le fait que les sévices soient cachés en font de meilleurs hommes ? Elle-même qui dans la soirée, se fait appeler sur son portable par Hanouna pour passer son message à l’antenne de C8 pour prôner le 3919 comme arme ultime contre les violences conjugales ! Niveau incompétence médiatique on n’a pas connu pire, au lieu de consacrer son temps avec les associations au plus près des femmes comme pour le Grand Débat, elle préfère le ridicule de TPMP au sérieux des victimes et associations d’aides à celles-ci.

Un grenelle qui va durer jusqu’au 25 novembre, journée internationale contre les violences faites aux femmes, dépensant des sommes colossales comme le faux débat en début d’année suite au mouvement des gilets jaunes pour brasser du vent et faire des discours aussi aberrants, cela ne nous intéresse pas. On demande le droit de vivre en toute sérénité avec nos enfants. On demande d’être protégées, d’être relogées dans les 48h, d’être prises au sérieux lors du dépôt de plainte ou de la consultation médicale. On veut avoir le droit de rester vivantes pour nos familles ou pour protéger nos enfants.

CRÉDITS PHOTO : France 3