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Politique

Travailler plus pour moins d'acquis sociaux

5ème semaine de congés payés et RTT : Christophe Barbier veut tout supprimer

L'heure est grave pour l'économie capitaliste et il faut se serrer la ceinture. Christophe Barbier, qui n'en est pas à son coup d'essai en la matière, a la solution : supprimer la 5ème semaine de congés payés et les RTT. Celui qui vante à longueur d'édito les « bienfaits » du néo-libéralisme souhaite balayer d'un revers de main des conquêtes sociales majeures sans jamais remettre en cause les privilèges des riches.

Crédit photo : DR

Les bonnes mauvaises idées, Christophe Barbier en a plein. Il y tient même. Dans son édito du 28 juillet 2017, il se lançait dans un plaidoyer virulent pour soutenir que « les Français doivent renoncer à leur cinquième semaine de congés » et aussi à leurs RTT. C’est mot pour mot la même idée qu’il a répété lundi 7 mai 2018 dans l’émission M comme Maïtena sur BFM et RMC.

La rhétorique de Barbier est simple. Les conquêtes sociales que sont la 5ème semaine de congés payés et les RTT seraient des privilèges que la gauche se serait octroyée à une époque où on pouvait encore se permettre d’avoir des espérances quant aux lendemains radieux de l’économie capitaliste. Mais, depuis 2008, la crise est là et il faut sortir de ces illusions : « En 2018, on n’a plus les moyens de se payer autant de jours de congés dans une société où il y a de moins en moins d’actifs qui doivent créer de plus en plus de richesses pour de plus en plus de vieux et de malades ».

De moins en moins d’actifs ? Mais n’est-ce pas la responsabilité du patronat qui, en dépit des cadeaux fiscaux que les gouvernements successifs lui font, empoche l’argent mais n’embauche pas ? Créer de plus en plus de richesse ? Mais la productivité en France est l’une des plus importante au monde et les richesses ne manquent pas comme en témoignent les 5,07 millions d’euros que Macron vient de donner aux patrons du CAC 40. Et que dire des 93,4 milliards d’euros de profits réalisés par le CAC 40 en 2017 et le salaire de ses patrons 70 fois supérieur au salaire moyen français  ?

Grand seigneur, Christophe Barbier prétend vouloir faire appliquer ces mesures anti-sociales « à titre provisoire », le temps de faire « les efforts collectifs et individuels nécessaires pour nourrir sa famille et remettre le pays à niveau dans la mondialisation ». Mais à ce rythme-là autant tout brader puisque le capitalisme a suffisamment montré, en Grèce et ailleurs, qu’il est un système insolvable et qui carbure à coups de crises économiques et de cures d’austérité, en dégageant toujours plus de profit pour le patronat et plongeant dans la misère l’immense majorité de la population. Celui pour qui « l’idée d’un immense coup de collier où les gens renonceraient à une partie de leurs vacances est toujours d’actualité » est bien conscient qu’avec de tels propos, il ne va pas se faire beaucoup d’amis. En tout cas, il nous aura prouvé que sous Macron c’est marche ou crève et qu’il faut travailler toujours plus pour renflouer les patrons.




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