^

Politique

La République en Marche se casse la gueule

Affaires Ferrand : la justice ouvre une enquête !

Un petit air de déjà-vu… Voilà plusieurs jours que le nouveau gouvernement tente de se dépêtrer des affaires de corruption qui concernent deux de ses ministres. Dans le cas des affaires Ferrand, il s'agissait principalement de faire valoir l'absence d'enquête déclenchée par la justice… C'est aujourd'hui chose faite, par le parquet de Brest.

Crédit photo : Marc Chaumeil/Divergence

Richard Ferrand, ministre de la cohésion des territoires, est au coeur d’une affaire de corruption, révélée notamment par le Canard Enchaîné. En effet, alors que ce dernier était à la tête des Mutuelles de Bretagne, l’organisme en question a contracté un bail pour un centre de soin avec une société civile qui n’est pas encore propriétaire des locaux en question et n’a même d’existence légale ! Les parts de cette société civile, la Saca, sont détenues à 99 % par nulle autre que Sandrine Doucen, la femme de Richard Ferrand. Un juteux montage financier, qui permettra au couple de se constituer un patrimoine de près d’un demi-million d’euros. Par ailleurs, le ministre est également accusé d’avoir embauché son fils comme assistant parlementaire durant quelques mois en 2014, pour plusieurs milliers d’euros… une nouvelle affaire d’emploi fictif.

Autant de scandales qui n’ont pas tardé à faire voler en éclat la probité de façade d’un gouvernement qui avait fait de la « moralisation de la vie publique » son principal cheval de bataille. À mille lieues du renouvellement promis par Macron, c’est la même caste politicienne corrompue qui se retrouve sur le devant de la scène, et les mêmes arguments qui resurgissent. Ainsi, si le président récemment élu a jusqu’ici préféré garder le silence, le premier ministre Edouard Philippe décrétait ce mardi que seul « un ministre qui serait mis en examen devrait démissionner », comme un mauvais remake de la défense de Fillon. Pas plus tard que mercredi, Richard Ferrand lui-même se défendait en affirmant qu’il n’était « pas mis en cause par la justice de la République ». Et la justice de classe a tout tenté pour le protéger, le Parquet National Financier se déclarant incompétent pour cette affaire et le parquet de Brest estimant qu’elle ne constituait pas une infraction.

Mais cette argumentation bancale n’a pas fait long feu. Le parquet de Brest s’est finalement trouvé dans l’obligation d’ouvrir une enquête préliminaire autour de cette affaire immobilière. La police judiciaire de Rennes sera donc en charge de mener des investigations autour de faits susceptibles de s’apparenter à des infractions pénales : atteinte aux biens, manquement au devoir de probité et aux règles spécifiques du code de la mutualité.

Un coup de tonnerre pour le nouveau gouvernement, duquel Richard Ferrand pourrait être éjecté plus rapidement que prévu. À une dizaine de jours des législatives, Macron et Philippe semblent de plus en plus mal assis sur leurs trônes, à l’heure où un sondage révèle que 70 % de la population juge que le ministre de la cohésion des territoires devrait démissionner, et où ils sont encore plus nombreux à estimer que les faits qui lui sont reprochés sont graves.

Une illustration de plus, s’il en fallait, que cette caste politicienne corrompue – avec la complicité de la justice de classe – ne nous représente pas et que ses intérêts sont et seront toujours à l’opposé des nôtres.




Mots-clés

Ferrand   /    Législatives 2017   /    corruption   /    Macron   /    Politique