Monde

En Bavière, l’AfD est suivi de près par Merkel

Allemagne. La « loi d’intégration » du CSU, un racisme légalisé

Publié le 21 octobre 2016

« Il est évident qu’il faut défendre les frontières de l’Allemagne, y compris par les armes en dernier recours » L’AFD (parti d’extrême droite allemand) défend cette politique. Pour l’extrême-droite, les frontières sont donc une évidence, de même que les barbelés et les ordres de tirs.

Marius Maier, Klasse Gegen Klasse

Mais ils ne sont pas les seuls : Angela Merkel soutient la chose suivante : « Notre but doit être d’empêcher le plus possible l’immigration clandestine  ». Les ordres de tirer sur les migrants sont depuis longtemps une réalité, même si cela ne concerne pas la frontière allemande, mais la frontière turque, financée par l’argent de l’UE et du deal Erdogan-Merkel. Tous les partis représentés au Parlement allemand, du CSU au Parti de Gauche, soutiennent les expulsions et veulent plus de police. 2016 a été l’année où il y a eu le plus de migrants noyés en Méditerranée. La politique de l’UE les tue.

Les nombreuses attaques contre le droit d’asile et les expulsions apportent de l’eau au moulin de l’extrême-droite. Tandis qu’AFD et PEGIDA sont dans la rue et rendent la vie insupportable aux migrants, ces derniers sont aussi terrorisés par la police et les autorités locales. Le droit de choisir leur lieu d’habitation et l’accès à l’éducation sont déjà considérablement réduits. Pour pouvoir travailler, il faut une autorisation particulière, qui n’est souvent pas délivrée.

Le CSU au pouvoir en Bavière prépare en ce moment une nouvelle attaque contre les droits des réfugiés et des personnes ayant au moins un (grand)parent d’origine immigrée. La « loi d’intégration de Bavière » représente une loi d’exclusion de tous les migrants, pas seulement des réfugiés, et construit pour eux une justice en parallèle. Les « Non-Citoyens » de « Refugee Struggle for Freedom » (1) la formulent ainsi :

« On sera obligé d’adopter la culture dominante. Les enfants des centres d’hébergement pourront être exclus du système d’éducation. Même les réfugiés reconnus ne pourront plus choisir le lieu où ils habitent. La police pourra entrer arbitrairement et sans ordre du juge dans les camps de migrants et faire ce qu’elle veut. Cela enfreint les droits fondamentaux en Allemagne. Encore plus scandaleux : le gouvernement de Bavière voudrait mettre en place des contrôles à l’entrée des piscines, bibliothèques et autres autres institutions publiques »

La nouvelle loi est pourtant censée protéger « l’ordre et les valeurs de la démocratie libérale ». Avant l’entrée à l’école, des tests de niveau devront évaluer celui des migrants. On vérifiera surtout qu’ils savent s’exprimer avec « des mimiques et un langage du corps usuels ». Et si quelqu’un en vient à la « diffamation » et montre qu’il n’est pas d’accord avec « l’ordre démocratique libéral », il pourra être obligé de suivre un cours « sur les valeurs de l’ordre démocratique libéral ». S’il ne s’y présente pas, il pourra être condamné à une amende allant jusqu’à 50 000 euros.

A côté de ces sanctions étendues, la loi prévoit aussi de donner à la police plus de pouvoir sur la vie des migrants et de tous ceux qui, aux yeux de la police, n’ont pas l’air assez allemands. Un migrant qui « va à l’encontre de l’ordre constitutionnel », par exemple en manifestant contre les expulsions, devra donc, dans tous les cas, payer une lourde amende.

Nous voulons rejeter cette loi en défilant avec les réfugiés, lors de la grande manifestation du 22 octobre contre « la loi d’intégration de Bavière ».

(1) Refugee Struggle for Freedom : Lutte des Réfugiés pour la Liberté