Notre classe

#Assezdeviesbroyées

Après l’hécatombe de l’été, 3 nouvelles tentatives de suicide révélées au CHU de Toulouse

Publié le 13 octobre 2016

Alors qu’au mois de juin, pas moins de 5 personnels du CHU de Toulouse se sont donné la mort, la CGT a fait savoir, ce 12 octobre, que 3 tentatives de suicides avaient eu lieu sur les hôpitaux de Purpan et de Rangueil en cette année 2016. Des chiffres accablants qui soulignent les dégradations dramatiques des conditions de travail dans le milieu hospitalier toulousain.

Julian Vadis

C’est peu dire que le CHU de Toulouse a été particulièrement marqué par des événements tragiques cet été. En effet, sur les 8 suicides en milieu hospitalier, 5 agents se sont donné la mort dans les hôpitaux toulousains… sur le seul mois de juin ! Pression hiérarchique, humiliation, ou, plus généralement, dégradation des conditions de travail et précarisation extrême des agents qui sont, suivant les cas, la source qui a poussé chacun de ces travailleurs à se donner la mort. À ce sujet, un article d’Actu Soin revient en détail sur les conditions extrêmes qui poussent des hospitaliers jusqu’au suicide. Un constat implacable qui illustre avec violence que ces affaires sont loin d’être des faits divers, mais plongent leurs racines dans des phénomènes structurels qui détruisent, au sens strict du terme, chaque jour plus de vie.

Et ce ne sont pas les dernières révélations de la CGT qui vont embellir ce sinistre tableau. En effet, trois autres cas de tentative de suicide sur le lieu de travail ont eu lieu sur l’année 2016. Le dernier en date remonte au 7 octobre dernier tandis que les deux autres ont eu lieu en avril et février 2016. Des cas qui soulignent la gravité de la situation, là ou le terme vague de suicide peut être interprété comme une décision brusque et brutale, mais qui en réalité est souvent la conclusion de longues périodes de pression, de surmenage menant à une souffrance telle que les agents ne voient d’autre issue que le suicide.

Face à cette situation dramatique, la direction du CHU ne trouve rien de mieux à faire que de… supprimer des emplois, surchargeant un peu plus les agents déjà éplorés de la disparition de leurs collègues et augmentant de fait les risques de burn out, voire de suicides. Une situation face à laquelle le service de consultation gynécologie a décidé de réagir. En effet, la CGT, via un communiqué, a annoncé la mise en route d’une grève illimité sur le service, précisant que l’impact de ce mouvement de grève va être important mais que les IVG continuent d’être assurées à l’hôpital. Assurément, il s’agit là de la meilleure voie pour mettre un terme à la destruction des emplois sur les hôpitaux toulousains, pour faire face aux dégradations des conditions de travail qui sont la source même des suicides qui touchent le CHU. Une lutte nécessaire, et dont l’extension sera la meilleure arme pour mettre fin à la politique mortifère de la direction. À l’hôpital comme ailleurs.