^

Notre classe

Sur le piquet de grève d’Onet

Assa Traoré en soutien aux grévistes. Chez Onet ou dans les quartiers populaires c’est la même police qui réprime !

Ce samedi, les grévistes d’Onet, en lutte depuis 40 jours, ont manifesté dans les rues de Saint-Denis. Parmi les grévistes et leurs soutiens, réunis sur le parvis de la gare de Saint-Denis, Assa Traoré et Almamy Mam Kanouté sont venus apporter leur solidarité aux grévistes. En lutte contre la répression et les violences policières pour Adama et tous les autres, ils ont tenu à saluer une grève exemplaire, celle « de nos parents qui font grève » et dans laquelle se joue un combat contre Onet et la SNCF qui les exploite et les réprime et pour réclamer eux aussi leurs droits, la dignité et le respect.

Assa Traoré, la sœur d’Adama Traoré, et Almamy Mam Kanouté, activiste contre les injustices et les inégalités, sont venus sur le piquet de grève des 84 grévistes de H.Reinier-Onet ce samedi 9 décembre. Assa Traoré mène depuis plus d’un an un combat acharné pour obtenir justice et vérité pour Adama, son frère tué par la gendarmerie de Beaumont-Sur-Oise. Un meurtre policier auquel s’ajoute des dizaines et des dizaines d’autres. Ces dernières semaines se sont trois jeunes hommes noirs et arabes qui ont été tués par la police. Une escalade de la répression, une augmentation des interpellations, des violences sur les jeunes des quartiers populaires contre lesquelles se battent tous les jours Assa Traoré et Almamy Mam Kanouté, et d’autres. Ce qu’ils dénoncent quotidiennement ? Les violences policières, la militarisation des quartiers, la violence d’une police raciste qui agit en toute impunité et n’est pas condamnée pour ses crimes.

Assa Traoré est intervenue pour exprimer sa solidarité avec les grévistes parce que « c’est nos oncles et tantes, nos parents et leur grève est exemplaire ». La mère d’Assa Traoré est salariée d’Onet, l’oncle d’Almamy Mam Kanouté est l’un des grévistes. « C’est nos papas et nos mamans qui travaillent dans cette société ». Ce sont eux qui travaillent « dans l’ombre », se lèvent à 3 heures pour commencer le travail à 5 heures, sont payés au lance-pierre et traités comme des moins que rien par Onet et la SNCF. « Ce qu’ils font est important pour l’avenir de nos enfants » ajoute Assa Traoré. Des enfants qui quand ils sont noirs, arabes, racisés, nés dans les quartiers populaires, ont moins de chance que les autres de s’en sortir, de trouver un emploi, subissent de plein fouet le chômage, les violences d’une police omniprésente et sont contraints d’accepter souvent n’importe quel travail. Mais les grévistes d’Onet qui sont en lutte depuis 40 jours envoient avec leur lutte un message important : ils veulent travailler mais pas dans n’importe quelles conditions, pas à n’importe quel prix, pas en étant méprisés, piétinés par une société de sous-traitance, ni par la SNCF pour laquelle ils travaillent depuis des dizaines d’années. C’est pour cela qu’Oumou, l’une des grévistes, a rappelé lors de cette même journée de manifestation qu’il s’agit d’une grève pour le respect et la dignité, pour relever la tête.

Une lutte pour la dignité qui fait écho à celle d’Assa Traoré et des autres familles qui luttent pour que justice soit faite pour leurs frères, fils, tués par la police. Des familles qui luttent dans une société dans laquelle on peut mourir parce que l’on est noir, arabe, et que la police maltraite, agresse, viole, et parfois tue dans le silence médiatique et l’impunité la plus totale. Parce que tout comme Adama, Théo, Yacine, Massar, ne méritaient pas d’être agressés, violés, tués, les grévistes d’Onet, ne méritent pas des conditions de travail indignes, une sorte d’esclavage moderne. Ils ne méritent pas d’être méprisés par Onet et la SNCF qui cherchent à les exploiter au maximum ou encore utilisent le fait que certains ne parlent pas bien français pour mieux imposer leurs règles.

Au dernier rassemblement pour exiger la vérité sur la mort de Massar suite à une interpellation
à la gare du Nord
, tout comme sur le piquet de grève d’Onet, on peut entendre dans la bouche de la cousine de Massar, et celle des grévistes la même phrase : « on n’est pas des bêtes, on est des êtres humains ».

La police qui a interpellé violemment Massar à gare du Nord est la même qui est venue accompagner les intérimaires casser les piquets de grève, nettoyer les gares de Saint-Denis, d’Ermont et de Garges ces dernières semaines. Cette même police qui contrôle abusivement dans les gares, qui interpelle violemment les jeunes des quartiers populaires et qui ce mois-ci est venue « encadrer » le nettoyage forcé des gares.

La présence d’Assa Traoré et d’Almamy Mam Kanouté, de militants et collectifs anti-racistes qui luttent contre les violences policières, au piquet de grève des salariés d’Onet était politiquement très importante. Parce que ce sont des combats qui visent les mêmes ennemis : la même police qui réprime et violente les jeunes des quartiers populaires et les grévistes, les mêmes patrons qui exploitent les salariés d’Onet, couvrent les agressions sexuelles commises sur des travailleuses, pratiquent la discrimination à l’embauche, surexploitent des sans-papiers. Des combats, contre les patrons et l’exploitation, les violences policières, et contre les violences sexistes, qui sont les combats des grévistes d’Onet et ceux de la majorité d’entre nous.




Mots-clés

Onet   /    Adama Traoré   /    Violences policières   /    SNCF   /    Répression   /    Notre classe