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Société

Après l’affaire Théo

Aulnay-sous-Bois. La police gaze les familles, la mairie joue le « gentil flic »

Depuis le viol de Théo par la police à Aulnay, la tension ne redescend pas et la police poursuit ses intimidations, interdisant le tournage de clips, généralisant la vidéo-surveillance, etc. Samedi dernier, celle-ci n'a pas hésité à réprimer violemment la population parmi laquelle de nombreuses familles à la sortie d'un spectacle humoristique, à coup de gaz lacrymogène et de Flashball. En parallèle, la municipalité cherche à restaurer la confiance envers ces forces de l’ordre qui tuent, violentent et violent avec des journées « police-population ».

En effet, depuis le viol de Théo, qui avait été était suivi d’importantes mobilisations contre les violences policières, ainsi que d’une féroce répression, les forces de l’ordre ne sont pas les bienvenues à Aulnay. Et elles ne le sont d’autant pas que suite à cette ignoble affaire, le harcèlement des populations s’en est vu renforcé, avec notamment l’interdiction de tournages de clips, de Fianso puis de Booba et Lacrim.

Samedi dernier, les violences policières ont connues un nouvelle épisode. À la sortie d’un spectacle de l’humouriste Zgary du Jamel Comedy Club, des jeunes ont lancé des projectiles sur une voiture de police stationnée pour surveiller le quartier, ce qui s’en est suivi d’une punition collective pour l’ensemble de la population, à coups de Flashball et de lacrymogènes, à la suite de quoi trois personnes ont été interpellées. Des témoignages rapportent que des « des mères de famille accompagnées de leurs enfants suffoqu[aient] sous les lacrymogènes », « Tous les dix jours, des événements de cette nature se produisent. On ne parle pas de dealeurs qui se font gazer, mais de mamans, de jeunes, de travailleurs ».

Source Vidéo : La Révolution est en Marche

Un comble, la répression a aussi touché Hadama Traore, co-fondateur du collectif « La Révolution est en Marche », qui a pour but de « réconcilier la police et les habitants », alors que celui-ci tentait de lancer un appel au calme. Celui-ci témoigne dans une vidéo « Ils nous ont tiré dessus comme des lapins » en montrant les blessures de Flashball sur sa peau. Et lorsque celui-ci s’est rendu au commissariat pour porter plainte, il s’est vu... placé en garde à vue, accusé d’avoir appelé à la « violence et à la rébellion ». Une pratique courante contre les personnes qui souhaitent dénoncer les violences policières. Tellement courante que celui-ci anticipe dans la vidéo tournée avant de se rendre au commissariat qu’il y sera retenu.

La municipalité de son côté, tente de se positionner en arbitre pour « apaiser » la situation. Alors que celle-ci -qui a pour maire un ancien policier- a récemment armé la police municipale et promet d’installer 300 caméras de vidéosurveillance d’ici 2020. Ces mêmes caméras qui n’ont aucunement empêché les forces de l’ordre de violer Théo sans être réellement inquiétés et en se permettant même de porter plainte contre le jeune homme, mais qui sont par contre un formidable outil pour fliquer la population. Et alors que le quartier se voit investi par les CRS suite aux événements de samedi, la mairie organise une rencontre entre « policiers et jeunes » d’Aulnay-sous-Bois. Les jeunes présents pourront notamment y découvrir le matériel de la police ainsi que ses « méthodes d’interpellation ». Une opération conjointe avec les forces de police pour tenter de faire passer la pilule du viol de Théo, légitimer leur intervention et le harcèlement quotidiens des quartiers populaires de la ville.

Aucune « réconciliation » n’est possible avec ceux qui ont violé Théo il y a quatre mois et n’hésitent pas à tirer sur des jeunes et des familles pour intimider, maintenir « l’ordre ». Ils doivent quitter les quartiers, et tous les habitants qui font les frais de la justice pour s’être levés contre le racisme d’état et les violences policières doivent être libérés.

Photo : ©François Guillot/AFP




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