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Politique

Sans faire de vagues

Blanquer met en place la sélection, et est porté aux nues par les médias

Ce jeudi, Blanquer était l’invité de l’Emission Politique pour parler, notamment, de sa réforme du bac qui prévoit d’accorder plus d’importance au contrôle continu, et accentuer de fait, les inégalités de traitement de dossiers en fonction des lycées prestigieux, et de ceux qui ne le sont pas assez pour le patronat. Verdict : Blanquer est acclamé de tous les côtés, FI comme LR et aurait convaincu 71 % des téléspectateurs de l’émission.

Crédits photo : AFP/Bertrand Guay

Dans la soirée du jeudi 15, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, passait sur France 2 lors de L’Emission politique, où il a défendu pendant deux heures ses positions concernant les réformes dont il est l’instigateur. In fine, 71 % des téléspectateurs auraient été convaincus par sa performance. Quand la matinée, des milliers de lycéens, d’étudiants, de personnels et d’enseignants manifestaient contre les plans du gouvernement concernant la refonte de l’éducation nationale et du supérieur (réforme du bac, parcoursup, loi « orientation et réussite des étudiants »).

Des unes de grands journaux vantant sa personne et étant dithyrambique à son sujet (« Le vice-président » selon Le Point, « La nouvelle star » pour Valeurs actuelles, « le miracle Blanquer » pour Challenges. Et Blanquer ratisse large sur le spectre politique, si les députés LREM soutiennent évidemment leur poulain, ce sont aussi les Républicains qui ne tarissent pas d’éloge à son propos… Florence Berthout, maire LR déclarait ainsi à FranceInfo que Blanquer « rassemble au-delà des familles politiques ».

Invité sur France 2, Blanquer a fait atteindre des records à L’Emission politique avec 71 % (sur 1052 personnes interrogées) des spectateurs convaincus par son intervention. D’après le présentateur des résultats, il aurait même convaincu 69 % des « Insoumis » alors même que Blanquer a eu droit a une confrontation durant le débat avec Alexis Corbière, député FI.

Tout un effort de communication pour faire passer la pilule face des réformes préparées pour les lycées. Si le bac actuel n’a rien d’idéal et est déjà un instrument de sélection sociale, le projet de Blanquer prévoit de faire du contrôle continu un élément central de son obtention, laissant aux professeurs tous les pouvoirs pour décider de l’avenir de leurs élèves, et laissant les universités jugés directement de quel « type » de lycéens ils veulent (un bac Neuilly ou Sarcelles ne se valant pas…).

Si « l’opinion publique » et certains grands médias portent aux nues Blanquer, qui sous Sarkozy avait été un des artisans de la suppression de 80 000 postes d’enseignants, c’est aussi car celui-ci, à côté de la sélection mise en place avec Parcoursup, promet aux enseignants une possible augmentation de leurs salaires, avec une prime de 3 000 euros pour les profs en éducation prioritaire. Du clientélisme pour masquer les attaques contre l’éducation actuellement en cours.




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