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Société

2,8 millions de logements vides en France

Bordeaux. Rassemblement pour le droit au logement

Samedi 1er avril 2017, l'heure n'était pas à la rigolade. Une soixantaine de personnes à l'appel du collectif « Nos droits contre leurs privilèges » se sont rassemblées sur la Place de la Victoire à Bordeaux pour donner la parole aux sans-logis, mal-logés et expulsés et pour dénoncer les expulsions locatives.

C’était aussi l’occasion de rappeler les manquements du système quant à ce problème grandissant.

Rappelons qu’aujourd’hui en France, près de 2,8 millions de logements sont vacants (dont 70000 logements sociaux), alors que l’on compte près de 141000 sans abris dont 31000 enfants (ce chiffre augmente d’années en années).

Rien que sur Bordeaux Métropole, ce sont près de 10400 logements jugés vacants d’après l’Insee, alors que le Samu social estimait le nombre de sans-abris à 3500 personnes en 2014. Tout ceci malgré la loi Dalo. Cette loi, Droit au logement opposable, a été votée le 5 mars 2007. Elle garantit un droit au logement ouvert à « toute personne ou famille éprouvant des difficultés particulières, en raison notamment de l’inadaptation de ses ressources ou de ses conditions d’existence » et qui remplit les conditions fixées par la loi. Cette loi prend en compte les personnes dépourvues de logement et vivant à la rue.

Dans les faits, comme le souligne une intervenante, même si ce dispositif a permis de loger beaucoup de ménages, il reste du chemin à parcourir. Face au manque de volonté publique, à la crise du logement qui s’aggrave et au nombre de sans-abris qui augmente, cette loi peine à être appliquée durablement. Difficultés d’accès au droit, instauration de critères arbitraires et illégaux par le COMED (commission départementale chargées d’instruire les recours), stigmatisation des mal-logés, offres de logement insuffisantes et inadaptés, sont le quotidien des personnes cherchant un logement. S’ajoute à ça une amplification des expulsions des ménages prioritaires sans relogement.

Le droit au logement devrait donc être une priorité et accessible pour tous. C’est d’ailleurs ce que claironnaient haut et fort les membres de différents collectifs tels que la CNL, le DAL ou encore la ligue des droits de l’Homme : « Le droit au logement est un droit fondamental dont la satisfaction ne doit pas dépendre du niveau des prix sur des marchés immobiliers et fonciers non régulés ! » pouvions nous entendre.

Les collectifs présents ont aussi mis l’accent sur les difficultés liées à la rue : le froid, la faim, la difficulté. L’association « Réquisition go » invite donc les habitants à recenser les bâtiments non habités à l’adresse suivante : requisition33@gmail.com. De plus, la trêve hivernale étant finie, le pire est à craindre face aux expulsions sans solution.

Un toit c’est un droit !

L’urgence au compte goutte, on n’en veut pas !




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Philippe Poutou   /    Bordeaux   /    Logement   /    Société