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Politique

Négocier avec Macron ?

Boycott des « concertations » le 12 octobre : Non, nous n’en avons pas fini avec les ordonnances !

Le 12 octobre prochain, le gouvernement entend débuter les négociations avec les syndicats sur les réformes à venir sur la formation professionnelle, l'apprentissage et l'assurance-chômage. Alors que Macron et ses sbires entendent ainsi tourner la page des ordonnances, il est indispensable que les syndicats boycottent cette rencontre.

Crédits photo : REUTERS/Charles Platiau

C’est avec la même méthode que pour les ordonnances que le gouvernement entend mener le « dialogue social » avec les organisations syndicales à propos des réformes sur la formation professionnelle, l’apprentissage et l’assurance-chômage. Chacun leur tour, les principales centrales des représentants des travailleurs seront conviées à l’Élysée, avec un calendrier extrêmement serré. En effet, le gouvernement entend débuter les concertations fin octobre sur la réforme de l’apprentissage, enchaîner début novembre sur la formation professionnelle, puis enfin attaquer dans la continuité la refonte de l’assurance-chômage. Une ligne politique dans la lignée des ordonnances, avec une attaque massive sur toute la ligne afin de mater toute contestation possible.

L’objectif affiché du tandem Macron/Philippe consiste bien entendu a « siffler la fin de la récréation » sur la question des ordonnances, et ainsi à entériner une « victoire » supposée et affichée comme telle, avec la signature en direct à la télévision des dites ordonnances par Emmanuel Macron lui-même. Une véritable urgence pour le gouvernement, alors que l’exécutif a vu l’un de ses plus fidèles lieutenants de ce début de quinquennat, Jean-Claude Mailly, mis en minorité dans Force Ouvrière. La centrale a, depuis, appelé à la mobilisation contre la loi travail XXL, fissurant gravement la « béquille de gauche » constituée par les appareils syndicaux aspirant à accompagner les réformes du gouvernement, condition essentielle à Macron pour imposer ses réformes.

A quelques jours de la mobilisation du 10 octobre, initialement appelée dans la fonction publique, mais avec laquelle des secteurs de la jeunesse et du privé convergent, le gouvernement entend donc ramener les syndicats dans les salons pour reprendre la voie d’un « dialogue social » mortifère pour l’ensemble des travailleurs et des classes populaires. Une façon aussi de chercher à démobiliser notre camp. En effet, il apparaît totalement contradictoire de manifester contre les ordonnances puis de courir à l’Élysée entamer les discussions sur les réformes à venir, toutes aussi néfastes.

Alors que l’arc de force intersyndical s’est objectivement renforcé avec l’entrée dans la bataille de Force Ouvrière imposée sous la contrainte à Mailly par la pression de la base, ainsi que par les prises de position de nombres d’unions locales et départementales de la CFDT, il est tout à fait indispensable que les directions syndicales refusent tout net le dialogue avec Emmanuel Macron ce 12 octobre. Il s’agit dans les faits du seul moyen pour envoyer au gouvernement le message : « Non, le combat contre les ordonnances détricotant le code du travail n’est pas fini ! » Par ailleurs, il apparaît aujourd’hui d’autant plus urgent qu’un plan de bataille soit discuté par les organisations des travailleurs, afin de penser une stratégie à même de renvoyer le gouvernement dans ses cordes et organisant la bataille à échelle nationale, par la grève reconductible et la fin des journées saute-mouton.




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