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Témoignage

Cheminots en reconductible à Sotteville : « On aimerait que notre lutte serve d’exemple »

Nous avons rencontré Stéphane Simon, délégué Sud Rail Fret Normandie et membre du bureau Solidaires 76 qui raconte : « Nous sommes 12 tractionnaires TA (conducteurs de manœuvre petit parcours), en grève reconductible depuis le 11 juin 2018, nous entamons notre 16ᵉ jour de grève. »

Les raisons de notre grève ?

Suite à l’adaptation du service en juin, on nous apprend que les effectifs seront divisés par 2 alors que la charge de travail reste la même. C’est-à-dire que la moitié des effectifs verra sa productivité augmenter tandis que le reste se retrouve sur le carreau à ne rien faire et être démoralisé par l’inactivité. On envoie des agents TA de Sotteville en déplacement à Chartres (grenier à blé) qui se trouve en sous effectif.

À cela s’ajoute la dénonciation des accords locaux qui représentent 20 ans de lutte et une perte financière de 200 € minimum par agents. On était 60 agents il y a de cela 10 ans, on n’est plus que 12. Et avec la restructuration du Fret qui annonce la suppression de 3000 agents – en sachant qu’on est 6000 – 1 agent sur deux va se retrouver sur le carreau.

C’est donc logiquement et inéluctablement, vu les attaques multiples, qu’on a décidé de s’inscrire sur une grève reconductible avec un préavis local pour montrer qu’on est tout de même ouvert à la discussion avec M. Campion, Directeur d’établissement.

Ce dernier, a refusé de nous recevoir dans le cadre de notre préavis, c’est contraire à tout ce qu’on a pu connaître à ce jour en ce qui concerne le processus de « dialogue social ». Je n’ai jamais vu ça. D’autant plus que ces attaques surviennent après 1mois et demi de grève nationale sur la réforme du ferroviaire, qu’il y a une réelle volonté de casser la grève, on fait appel à des conducteurs du Bourget pour venir tirer des trains. 

C’est sans compter sur notre détermination, 100 % de grévistes, et sur les nombreux soutiens, les agents TB (conducteurs de ligne) Fret qui refusent systématiquement de tirer nos trains, s’inscrivant parfois dans notre grève.

Le 29 juin une journée supplémentaire sera suivie par l’ensemble des métiers de la région pour nous soutenir.

On est 12 TA, en grève reconductible depuis 16 jours et on impacte fortement sur l’économie, du fait que le renfort à Chartres ne se fait plus et à Rouen (site stratégique, 1er port céréalier d’Europe de l’ouest), les entreprises ne sont pas livrées. La saison de la récolte céréalière arrivant bientôt, cela va amplifier les pertes économiques.

On aimerait que notre lutte serve d’exemple à tous les établissements qui se font matraquer par un management violent de la direction, pensant que le pacte ferroviaire est acté et que la bataille du rail est gagnée.




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