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Société

Justice de classe

D’un sandwich à 2 euros à quatre mois de prison ferme

D’un côté Fillon, en plein dans des affaires de détournement de milliers d’euros, reste un candidat « présidentiable », de l’autre, on peut se faire condamner pour un vol de sandwich à quatre mois de prison.

Mercredi, à Bellevue, un jeune homme avait faim d’un sandwich. Au moment de passer les portes du Carrefour Market, il se rend compte qu’il n’a pas d’argent, mais comme il aperçoit un ami à l’extérieur, il va pour lui demander de l’avancer. Seulement, le vigile l’intercepte.

Avec déjà plusieurs condamnations et le port d’un bracelet électronique, il a tenté la fuite brutale, il a repoussé le vigile. Aux juges, en pleurs, il expliquera : « Je ne voulais pas d’histoire, alors je lui ai mis une balayette  ». Mais s’il a réussi à s’échapper, le vigile, accompagné de la police, le retrouvera plus tard, dans un bar. Ivre et sous médicaments mais aidé par les clients, il essaiera à nouveau de s’échapper, mais sans réussir.

En garde à vue, agité, il arrache son bracelet électronique. Un bracelet qui, contrairement à ce qu’écrivent les journaux dominants, ne permet pas de porter la liberté, mais de porter la « prison en soi ». Une prison à laquelle il n’échappera pas, car il a été condamné à quatre mois de prison ferme. « Et tout part d’un sandwich à 2 € », déplore Me L’Herrou-Debeir, avocate de ce jeune homme.

Déjà l’an dernier, un homme avait écopé de deux mois ferme pour avoir volé 5 kilos de pâtes. Une chose est sûre, c’est que désormais, avec l’affaire Fillon, il est de plus en plus évident pour le monde du travail et la jeunesse que détourner des millions d’euros lorsque l’on est un politicien professionnel n’emmène jamais à la case prison. Pour un sandwich à 2 euros, c’est 4 mois de prison ferme.

Qui vole un œuf vole un bœuf, mais qui vole un bœuf ne vole pas d’oeuf : les puissants ont les moyens de se protéger.




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