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L’alter-euro, une vraie fête populaire

Publié le 17 juin 2016

Dans l’après-midi de ce vendredi 17 juin avait lieu un alter-euro de football organisé par le comité de grève de la gare de Paris Austerlitz et qui a réuni de nombreux secteurs en grève pour une après-midi de sport. Approfondir les liens entre militants et vivre un réel moment de « fête populaire » : tel était l’objectif de cet événement. Un objectif rempli !

Arthur Nicola

Dans sa recherche d’arguments fallacieux pour obtenir l’arrêt de la grève, le gouvernement avait demandé aux cheminots grévistes d’arrêter leur grève pour que « la grande fête populaire de l’Euro » puisse se dérouler dans les meilleures conditions. Les cheminots comme tous les grévistes qui ont reçu cette injonction d’un gouvernement pro-patronal y ont répondu simplementqu’ils n’accepteraient pas une précarité à vie pour 3 semaines de ballon rond. Pour aller plus loin et renverser l’accusation, le comité de grève d’Austerlitz a décidé d’organiser un « alter-euro » au parc de la Villette pour que tous ceux qui se croisent dans les AG interluttes ou dans les manifestations puissent partager un moment de convivialité et une réelle « fête populaire ».

De nombreux secteurs en lutte étaient présents et avaient constitué leurs équipes : outre les cheminots, des étudiants de Paris 1 et de Paris 8, des camarades de la commission grève générale de Nuit Debout, des bloqueurs de la TIRU, des personnels de l’éducation debout ainsi que des passants très enthousiasmés de l’initiative. Ainsi deux équipes parodiques du Medef et des « bleus » (entendre les forces de répression) se sont formées . Le tournoi s’est déroulé toute l’après-midi et après d’âpres combat, l’équipe des cheminots d’Austerlitz l’emporta 2-1 (au but en or) face à l’équipe de Paris 1.

C’est dans ce genre de cadre que le football peut réellement devenir un sport populaire : loin des fêtes trustées par les grandes multinationales, quand des grévistes vont à la rencontre de la population en proposant ce genre d’activité, on voit qu’il y a une solidarité réelle entre usagers et cheminots, entre grévistes et non-grévistes.