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Départ de Tillerson : L’accord nucléaire avec l’Iran est-il mort ?

Quelques jours après le début de la guerre commerciale et après avoir accepté, surprenant tout le monde, de rencontrer en face à face le leader Nord-Coréen, Kim Jong-un, le président Américain a annoncé la destitution de son secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, et son remplacement par le directeur de la CIA, le faucon Mike Pompeo. Avec le départ de Tillerson, c’est un autre des poids lourds qui essayait de modérer les débordements nationalistes de Trump qui est évincé (la semaine dernière, c’était le tour du conseiller économique, Gary Cohn).

Photo : Le Monde

Le départ de Tillerson était un secret de polichinelle. A Washington, le terme Rexit (de Rex et exit) a été inventé pour se référer à son limogeage imminent et son remplacement par Pompeo s’y discutait ouvertement. Les différends entre Trump et son secrétaire d’Etat se sont avérés insolvables. De son opposition à la fin de l’Accord de Paris contre le changement climatique, ainsi qu’au transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem, sans parler du Qatar ou de l’Iran ou plus récemment de la guerre commerciale ou de son refus d’imposer des sanctions au Venezuela, les désaccords avec Trump étaient trop nombreux. Le secrétaire d’État est une instance au-dessus des autres au sein du cabinet, et ce niveau de désaccords ne peut pas y être toléré. D’autant plus que lorsque le secrétaire d’État parle, il est la voix des États-Unis et du président. Dorénavant, entre Trump et Pompeo, la séparation n’existera plus : l’ancien directeur de la CIA entretient une relation quotidienne avec le président et aucun membre du cabinet ne jouit plus de la confiance du président que ce dernier.

La décision de Trump d’en finir avec cette affaire, montre l’importance qu’il donne à sa rencontre face à face avec le leader de la Corée du Nord, mettant à la diplomatie une personne de confiance totale. Mais connaissant Pompeo et le rôle qu’il a joué jusqu’à aujourd’hui, on peut se demander si Trump ne cherche pas à ouvrir un autre front (un de plus ?) : l’Iran. L’ancien secrétaire d’État venait à peine de sauver le pacte nucléaire avec l’Iran grâce au soutien du conseiller à la sécurité nationale, Herbert McMaster, et du secrétaire à la Défense, James Mattis. Une décision que Trump, bien qu’il ait subit des pressions internes, n’a pas arrêté de défendre en public et en privé. Pour sa part, l’ancien chef de la CIA est un néoconservateur avec une attitude raciste anti-musulmane et une haine spéciale envers l’Iran qu’il a comparée à l’EIIL. Le fait qu’il soit maintenant secrétaire d’État est un mauvais signe pour l’accord nucléaire avec l’Iran. La possibilité de parvenir à un compromis avec l’Union européenne en est considérablement réduite.

La rencontre du lundi 5 à Washington avec Benyamin Netanyahou, tout sourire, malgré ses gros problèmes internes, et la prochaine rencontre avec le prince héritier saoudien, Mohamed bin Salman, le 20 mars à la Maison-Blanche n’augurent rien de bon.




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