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Monde

Xénophobie d'état

Des Etats nord-américains portent plainte contre Trump concernant le traitement des enfants de migrants

Après le scandale qui a éclaté à propos des enfants séparés de leurs familles, plusieurs états Nords Américains portent plainte contre l'administration de Trump.

Il y a quelques jours éclatait un scandale après la séparation de nombreuses familles de migrants mexicains à la frontière du Mexique et des Etats-Unis, notamment de nombreux enfants en bas âges, enfermés dans des conditions déplorables : dans des cages grillagées, gardées par des policiers, les enfants les plus âgés devant s’occuper des plus jeunes. Depuis le début du mois de mai, ce serait plus de 2000 enfants qui auraient été arrêtés et séparés de leurs parents.

Le traitement que Trump réserve aux migrants n’est pas une surprise, on se souvient en effet qu’il les avaient comparés à « des animaux » au mois de mai dernier lors d’une discussion à la maison blanche.

Ce scandale a abouti notamment au départ des Etats-Unis du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU après que le haut commisaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a dénoncé la politique de Trump comme étant « inadmissible et cruelle ».

Face à l’indignation mondiale et au sein même de son parti, Trump a donc finalement, sous pression, été contraint de reculer et a dû signer, mercredi 20 juin, un décret présidentiel, afin que enfants et parents soient détenus ensemble. Ce même décret annonce une détention des parents et enfants pour une « durée indéfinie ». Si Trump est d’un côté revenu sur la séparation des enfants de leur parents, il en a profité pour instister sur la nécessité de durcir encore plus les politiques migratoires.

C’est ce scandale, devenu rapidement mondial, qui a poussé 9 Etats du pays à porter plainte contre l’administration Trump pour sa politique migratoire. Parmi eux, La Californie, Washington et le New Jersey mais aussi le Massachusetts, le Maryland, le Nouveau Mexique, la Pennsylvanie, l’Iowa et l’Illinois. D’autres États pourraient encore se joindre à eux. Cette fronde contre l’administration Trump, en étant l’expression du degré d’abberation atteint, est aussi et surtout l’expression du peu de légitimité et de consensus que celui-ci arrive à avoir et produire, notamment au sein de la bourgeoisie.

Si face au scandale mondiale, les Etats nord-américains portent plainte aujourd’hui contre Trump qui est la point avancée des politiques anti-migrants et racistes, la politique d’Etat xénophobe, quoique plus discrète, s’appliquait déjà sous Obama et par ces mêmes Etats. En effet, sous Obama, les enfants étaient déjà enfermés et séparés de leurs parents dans des conditions similaires à celles révélées récemment.

Par ailleurs, nombre de migrants qui tentent de rejoindre les Etats-Unis fuient des pays plongés dans la misère et la guerre, notamment par la politique impérialiste états-unienne et de ses consors européens.

Cette hypocrisie se retrouve aussi de l’autre côté de l’Atlantique, en Europe, où les gouvernements condamnent les pratiques nord-américaines, mettant sous le tapis les mesures anti-migrants prises dans de nombreux pays Européens.

En France par exemple, où a été votée la loi Asile et immigration qui vise entre autre à rallonger la durée de rétention, passant de 45 à 90 jours, à autoriser l’enfermement de mineurs en Centre de Rétention, où un "effort particulier" est fait pour criminaliser les migrants et qui aux vues du traitement des populations migrantes s’est vu condamné plusieurs dois par la Cour Européenne des Droits de l’homme.




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