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Comme d’habitude, le patronat dit qu’il ne se passe rien, mais…

Grève et débrayages dans les raffineries contre la réforme XXL de Macron

« Les raffineries tournent normalement mais à l'extérieur des sites des grévistes perturbent le bon déroulement des expéditions », déclarait un porte-parole de l'Union Française des Industries Pétrolières à la presse, jeudi à midi. Les raffineries tourneraient-elles toutes seules ?

Ce que dénonce la FNIC-CGT, troisième fédération de la branche pétrole, c’est que de futurs accords d’entreprise, tels que ceux qui sont prévus par les ordonnances Macron, puissent remettre en cause un certain nombre de conquêtes arrachées par les raffineurs et inscrites dans leur convention collective. Ce sont plusieurs « éléments salariaux » qui pourraient être remis en cause, y compris les primes d’ancienneté, mais également les prérogatives des CHSCT qui vont disparaître avec la contre-réforme du code du Travail.

Derrière ces attaques en bonne et due forme, il n’y a pas seulement les conditions de travail dans les raffineries, mais également les conditions de sécurité pour l’ensemble de la population. Lorsque l’on sait comment les patrons ont essayé de faire fonctionner les raffineries au printemps 2016, pendant la grande grève des raffineurs, on peut craindre le pire.

Fidèle à ses habitudes, l’Union Française des Industries Pétrolières a très largement minoré l’ampleur du mouvement, comme s’il suffisait de nier la réalité pour la transformer. Les appels au débrayage ont certes été diversement suivis, d’une raffinerie à l’autre, mais tous les sites ont néanmoins été touchés, à l’exception de celui de Feyzin.

Un mouvement était donc appelé pour le jeudi 23 novembre. C’est surtout dans le Sud que le mouvement a pris, jeudi, et en Ile-de-France. Selon les chiffres communiqués par la CGT, le mouvement était ainsi suivi à 60% sur la raffinerie Esso de Fos-sur-Mer, les expéditions étant bloquées sur la plateforme Total de La Mède, la production étant, quant à elle, très fortement ralentie à Lavéra, toujours dans les Bouches-du-Rhône. A Grandpuits, en Seine-et-Marne, il y avait 60% de grévistes, jeudi, un chiffre se situant dans la fourchette basse du taux de grévistes postés, oscillant entre 50 et 100% selon Emmanuel Lépine, dirigeant de la FNIC-CGT.

D’autres suites sont envisagées pour donner une continuité à ce mouvement. Une chose est sûre néanmoins, compte-tenu de la façon dont le gouvernement a pu reculer sur la convention collective des routiers, par exemple : c’est par la grève et par le rapport de force que les travailleurs pourront se faire respecter vis-à-vis du patronat et, ce faisant, faire respecter des conditions de sécurité minimales sur les installations, pour l’ensemble des salariés mais également pour la population.




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