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Politique

Toujours les mêmes qui trinquent...

Hausse de la TVA en vue sous couvert de réduction des aides aux entreprises

Le gouvernement entend réduire de 5 milliards les aides qu'il accorde aux entreprises. Pour ce faire, le gouvernement a annoncé, au travers de son ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, qu'il allait probablement s'attaquer aux taux réduits de TVA accordée aux entreprises de divers secteurs. Une belle pirouette puisque cette mesure, loin de pénaliser le grand capital et les plus riches, va une nouvelle fois s'attaquer aux artisans, aux classes moyennes et populaires et à leur pouvoir d'achat.

Alors que le gouvernement commence à dévoiler son plan de choc contre la fonction publique, avec l’annonce par le Comité d’expert Cap 2022 de 30 milliards d’économies, et que ces mesures anti-sociales ne cessent de provoquer rejet et colère, Bruno Le Maire a annoncé ce jeudi que, dans la lignée de sa politique de réduction des aides publiques accordées aux entreprises, le gouvernement allait probablement s’attaquer aux taux réduits de la TVA dont bénéficie certaines d’entre elles.

Réduction des aides aux entreprises, hausse des impôts pour ces dernières, à première vue, ces annonces semblent dénoter avec la politique sociale et fiscale menée par le président des riches depuis le début de son quinquennat, à savoir toujours plus de cadeaux au grand capital et aux entreprises, au détriment du monde du travail et de la jeunesse. Cependant, sous couvert de réduire l’argent accordé aux entreprises, à travers la baisse voire l’annulation des taux réduits de la TVA, ce sont encore une fois les classes populaires et les classes moyennes qui sont attaquées.

En effet, une hausse de l’impôt de la TVA va tout d’abord et en premier lieu toucher de plein fouet les consommateurs. Les taux réduits de la TVA que l’Etat accorde aujourd’hui ne correspondant pas tant à des aides aux entreprises qu’à une mesure leur permettant vendre leurs produits à un moindre coût.

S’il est probable qu’avec cette mesure, les entreprises concernées vont prendre sur elles une partie de la hausse de cette taxe, la hausse de cet impôt appliquée aux entreprises va surtout et avant tout se répercuter sur les prix à la consommation puisque ces dernières vont automatiquement augmenter leurs prix pour ne pas perdre trop de bénéfices.

La hausse de la TVA, qui figure parmi les impôts les plus injustes puisqu’elle s’applique de la même manière à tous les consommateurs, et ce quelle que soit leur situation financière et leurs revenus, va frapper de plein fouet les consommateurs les plus modestes et précaires et leur pouvoir d’achat.

Aujourd’hui, les principaux bénéficiaires des taux réduits de la TVA, un taux à 10%, sont les entreprises des secteurs de la restauration, de la rénovation de logements, du transport des voyageurs et de certains loisirs. Si la mesure avancée par Bruno Le Maire est appliquée, celle-ci va automatiquement engendrer une hausse des prix dans tous ces secteurs.

Sous couvert d’une politique de baisse des aides aux entreprises, c’est encore une fois les classes moyennes et populaires, les petits bistrots, restaurants et les artisans souffrant de la concurrence avec les grandes entreprises qui vont trinquer.

Cette mesure démontre que la politique menée par le gouvernement de réduction des aides publiques accordées aux entreprises, une réduction qui représente par ailleurs que 5 milliards d’euros sur les 140 milliards que l’Etat offre aux entreprises, n’entre absolument pas en contradiction avec la ligne fiscale menée par Macron et son gouvernement, à savoir une « révolution fiscale » en faveur des financiers et du grand capital, avec toujours plus de fonds et de cadeaux pour le grand patronat, à travers notamment la suppression de l’ISF, la transformation du CICE, la flat-taxe, et toujours plus d’austérité et d’attaques en direction des classes populaires, à travers des mesures comme la hausse de la CSG, les coupes budgétaires dans la fonction publique, le dé-tricotage de la sécurité sociale, la baisse des aides sociales, et aujourd’hui cette possible hausse de la TVA...




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