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Jeunesse

Conférence de presse des étudiants et personnels du Mirail

« Il faut exercer une pression sur la présidence mais aussi sur le gouvernement »

Ce jeudi matin, les étudiants et personnels mobilisés pour l’inscription des « sans fac » et contre la dégradation des conditions de travail de l’université du Mirail à Toulouse ont tenu une conférence de presse pour visibiliser la lutte.

Ce jeudi, les étudiants et personnels en lutte de l’Université du Mirail ont tenu une conférence de presse pour visibiliser la bataille en cours pour l’inscription des étudiants actuellement « sans fac ». C’est ainsi que Aurélie-Anne et Robin de l’Union des EtudiantEs de Toulouse, Margot de Solidaires Etudiant-e-s et Véronique de la CGT-Fercsup ont répondu aux questions des journalistes.

« On est passés de 80 à 61 étudiants sans inscription. L’action collective a payé depuis deux jours. Sur les 61, la moitié demandent une inscription en licence. Dans ces cas là, la présidence a les pleins pouvoirs, ils n’ont aucune contrainte légale. On va demander à nouveau à la réunion de 12h30 qu’ils soient inscrits » a expliqué Robin. Mieux encore, à la suite de la rencontre avec la présidence, le nombre de cas de « sans fac » est tombé à 24. En effet, les étudiant non-inscrits du master INES sont pour l’heure toujours non-inscrits, avec une proposition « d’année de césure » de la présidence, qui évidemment, n’est en aucun cas satisfaisante. Pour Aurélie-Anne, « ce qui se passe en ce moment au niveau de la présidence, ça s’installe dans le temps et la durée, c’est quelque chose de sérieux. Il faut parler de la sélection dans l’enseignement supérieur, à l’échelle locale mais aussi nationale. Il faut tisser des liens avec les autres facs ». Un constat on ne peut plus juste puisque, d’année en année, le nombre d’étudiants « sans fac » augmente, au Mirail comme dans l’ensemble des établissements de l’enseignement supérieur.

« Dans les faits, l’université est loin d’être accessible à toutes et à tous, explique pour sa part Margot, Toutes les filières qui ne sont pas considérées comme rentables voient leurs moyens toujours plus diminués. Avec la fusion, cette logique va être aggravée, puisque encore plus de patrons siégeront dans les conseils d’administration de la fac. » Un constat partagé par les étudiants du Mirail que http://www.revolutionpermanente.fr/..., mais aussi par les représentants des personnels. Ainsi, Véronique a expliqué que « les organisations de personnels soutiennent les revendications des étudiants, qui sont légitimes » tout en dénonçant « les politiques d’austérité de l’État qui ont un impact sur les conditions d’études mais aussi les conditions des travailleurs, du personnel ». Ainsi, « la CGT demande la re-étatisation des budgets, que l’état se ré-engage dans l’ESR au lieu de le démanteler ». Des revendications qui sont portées en commun par les étudiants et les personnels, dans une dynamique de convergence capable de faire plier la présidence et d’être un exemple à échelle nationale.

« Il faut exercer une pression sur la présidence, comme on le fait actuellement, mais aussi sur le gouvernement, qui baisse le budget pour l’éducation, la recherche et l’enseignement supérieur chaque année, alors que l’argent est là, il suffit de voir tout le budget alloué aux forces de l’ordre et à la répression » poursuit Margot. En effet, alors que l’état d’urgence constitutionnalisé nous est servi comme prétexte pour augmenter les budgets alloués aux forces de répression, ce sont 331 millions d’euros qui ont été retirés du budget de l’enseignement supérieur et de la recherche en 2017. Un constat partagé par Robin, pour qui « il faut augmenter le budget de quelques dizaines de millions d’euros pour accueillir l’ensemble des étudiants ». Et pour cela, Robin affirme qu’il faut « continuer la mobilisation et occuper la présidence pour ces étudiants. Et on se laisse tous les moyens disponibles et nécessaires pour gagner ». Qu’on se le dise, et alors que les premières avancées sont significatives, la bataille n’est pas finie.




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