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Politique

Déni de réalité

« Instrumentalisation » et « petits groupes violents ». Frédérique Vidal en roue libre sur France Culture.

« Ce n’est qu’un début ! Continuons le combat » Narquois, l’extrait sonore des manifestations de mai 1968, choisi par Guillaume Erner, ouvre l’interview de la ministre de l’Enseignement Supérieur, Frédérique Vidal, sur France Culture. Hier, la mobilisation étudiante contre la sélection est parvenue à investir le très symbolique site de La Sorbonne, dans le quartier Latin. Variations sur le même « des professionnels du désordre ». Multiplication de contre-vérités. L’aveuglement et l’entêtement de la ministre est complet.

Pour Frédérique Vidal, la mobilisation actuelle contre la sélection qui touche plus d’une vingtaine d’université, « n’a rien à voir avec celle de mai 1968 ». Si l’extrait sonore est « émouvant », assure la ministre mal à l’aise, « 1968, c’est la demande de plus d’autonomie dans les universités ». Blague. La mobilisation de plusieurs milliers d’étudiants contre la sélection ? « Une tentative d’instrumentalisation ». Les AGs qui dégénèrent ? L’action de « petits groupes violents ». Pas un mot sur l’UNI et les violences des groupuscules fascistes qui délogent et agressent régulièrement les étudiants.

La ministre reprend allégrement le ton présidentiel méprisant des « professionnels du désordre », utilisé hier dans le JT de Jean-Pierre Pernaut.

C’est une variation sur un même thème. Celui des Fake News, que la ministre avait déjà utilisées la semaine dernière sur le plateau de France 2. L’aveuglement est total. La ministre à court d’argument, répète les mêmes poncifs sur le tirage au sort – concernant moins de 1% des étudiants l’année dernière et résultat d’un manque de place et de moyens criant pour l’université -, le déblocage des moyens et des places – 25 millions d’euros et 19 000 places soit une goutte d’eau face aux 300 000 places qu’il manquerait à l’université pour accueillir les étudiants – « la réforme construite avec les enseignants » – ils sont de plus en plus nombreux à refuser le tri des dossiers et à réclamer le retrait de la loi ORE.

De contre-vérités en contre-vérités, la ministre s’enfonce dans une posture d’intransigeance la plus totale. « Les examens se tiendront, et s’il le faut ils seront aménagés, délocalisés ». Or, à Montpellier, les serveurs des examens en ligne mis en place pour contourner la mobilisation ont été sabotés. L’arroseur arrosé. A paris 1, les enseignants sont en grève et refusent de faire passer les examens. Frédérique Vidal perd le sens des réalités.

« Je veux un état d’ordre » disait Emmanuel Macron, hier lors de sa leçon de morale télévisuelle aux français. Pour l’instant, rien ne dit que la réalité se pliera aux exigences du Kid-président.




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