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Notre classe

Sous la pression de la base

Jean-Claude Mailly durcit le ton contre Macron... pour conserver sa place ?

Une semaine après avoir été mis en minorité au sein du Comité confédéral national (CCN) de Force ouvrière, Mailly semble soudain bien plus virulent dans la contestation des politiques du gouvernement. Après avoir démenti les rumeurs interrogeant son éventuelle démission, il s’agit maintenant pour le leader déchu de regagner un peu de crédibilité.

Crédits photo : Sipa Press

Des « grognons râleurs » au « Président des riches »

Début septembre, avant même que les ordonnances ne soient publiées, le directeur général de FO méprisait ouvertement les militants qui élevaient la voix contre son refus d’appeler à la manifestation du 12. Il avait ainsi déclaré à la sortie de la présentation des ordonnances à Matignon : « C’est toujours arrivé dans l’histoire de FO, il y a des grognards fidèles et des grognons râleurs ; bon ben, il y en a qui font partie toujours des grognons râleurs, c’est leur droit d’exister. »

Un mois plus tard, le voilà dans une posture toute différente lorsqu’il rejoint l’opinion générale qui qualifie Macron de « Président des riches ». « « C’est l’accumulation de mesures telles que la baisse de l’APL (aide personnelle au logement), l’augmentation de la CSG avec les retraités et les fonctionnaires qui vont morfler d’une manière ou d’une autre, plus les annonces sur l’ISF » confiait-il ce mercredi sur France Inter.

Un revirement d’attitude qui interpelle, et semble être une bonne nouvelle tant qu’on ne s’y méprend pas.

Une nécessaire reconquête de légitimité

Car les motivations du directeur général de Force ouvrière ne peuvent être simplement celles d’une nouvelle clairvoyance quant aux politiques du gouvernement, ou encore celles son amie de longue date aujourd’hui ministre du travail, Muriel Pénicaud.

Il s’agit bien plutôt pour Mailly de regagner du crédit face à la base militante de son syndicat, celle-là même qui a obtenu une victoire importante à son encontre au dernier CCN, lorsque 86 % des représentants des unions départementales et fédérations, 123 voix sur 143, ont voté contre la ligne de Mailly au profit de la construction d’une mobilisation contre les ordonnances.

Forcé par la contestation interne, Mailly promet ainsi dans son éditorial du 2 octobre de rencontrer les autres confédérations pour travailler à une journée de mobilisation interprofessionnelle. Il manifestera même à Lyon le 10 octobre, ville où, comme ailleurs, des militants FO s’étaient joints aux cortèges CGT lors de la manifestation du 21 septembre dernier.

Continuer la pression à la base

Mais si Mailly a bel et bien dû se soumettre à une très forte pression à la base, il ne s’agit pas pour autant de se laisser désarmer par son revirement d’attitude, mais bien au contraire d’y prendre appui pour le pousser plus loin.

Car Mailly tente déjà de nuancer la volonté des militants d’organiser une mobilisation réelle contre les ordonnances et la loi travail 2, en préférant cibler pour cette prochaine date de mobilisation interprofessionnelle les « autres risques qui se profilent (Assurance chômage, formation professionnelle, service public républicain, retraites) ».

Contre les ordonnances et l’approfondissement de la Casse du travail orchestrée par le gouvernent Macron, autant que contre l’ensemble des attaques sectorielles qui tentent de nous maintenir chacun sur nos propres préoccupations, c’est bien d’un mouvement coordonné et convergent dont nous avons besoin, et d’un plan de bataille qui ne soit pas seulement une caution donnée aux bases militantes mais bel et bien déterminé à empêcher la remise en cause générale de nos conquis sociaux.




Mots-clés

Loi travail 2   /    FO   /    Notre classe