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Société

Impunité policière

Le gouvernement donne la possibilité aux policiers de porter une cagoule

Dernièrement, l’État a acheté 80 000 cagoules pour permettre aux policiers d’être masqués durant leurs opérations, élargissant, par là-même, les pouvoirs de répression.

Depuis quelques mois, en plein état d’urgence, le gouvernement PS vient d’octroyer à ses forces de police 80 000 cagoules qui auront comme seules orifices deux trous pour les yeux. Un nouvel accessoire derrière lequel pourront se cacher les policiers durant leurs actions. Pour cela, les 66 000 agents de police ont reçu un courrier leur expliquant les situations dans lesquels elles pourront les utiliser : opérations en lien avec la radicalisation, terrorisme, grand banditisme, escorte de détenus sensibles, assistance à des services spécialisés. Mais en réalité, il n’y a aucun moyen d’effectuer un contrôle réel quant à l’utilisation de ces cagoules.

Cette nouvelle mesure accordée aux forces de répression n’est qu’un outil supplémentaire visant à mettre en place l’impunité policière. Maintenant ils auront la possibilité de mettre cet accoutrement durant leurs opérations, cachant leurs faits derrière l’idée que ce ne sera plus une personne distincte à qui l’on pourra reprocher son acte.

L’état d’urgence a accéléré le tournant répressif de l’État. Le gouvernement vient déjà de faire passer une loi qui donne aux agents de police les mêmes droits que les gendarmes en matière de légitime défense. Dans certaines villes, nous pouvons déjà voir l’accélération et l’élargissement du port d’arme. Par ailleurs, d’autres villes ont déjà entièrement changé leurs stocks d’armes destinées aux agents pour des armes encore plus létales. Maintenant même la police municipale bénéficie des mêmes droits et outils de répression que la police nationale.

Mais cela n’est jamais suffisant pour le bras armé de l’État : un des grands syndicat de police annonçait il y a peu que « l’émergence du terrorisme planétaire, la montée en puissance de l’ultra gauche et l’information en continu nécessitaient d’aller encore plus loin ». Autre fait emblématique dernièrement, une demande a été validé par la sécurité publique autorisant l’anonymisation des procès verbaux, s’ajoutant ainsi à l’interdiction de diffuser des images de policiers que l’on n’aurait pas floutés. Le pouvoir donné à l’institution policière est de plus en plus grand.

Dans un témoignage apporté au journal le Parisien, un policier des services départementaux du renseignement territorial explique : « J’espère que l’usage de ces cagoules ne sera pas trop restrictif. Car ça ne sert à rien d’en avoir une si on ne peut pas l’enfiler… ». Nous pouvons penser qu’il se dit la même chose pour l’utilisation des armes.

Il y a quelques jours encore, un homme, Shaoyo Liu, était abattu chez lui devant ses enfants, dans la continuité, entre autres, du meurtre d’Adama et du viol de Théo. Avec ces nouvelles lois, les policiers pourront maintenant abattre quelqu’un pour un « oui » ou pour un « non » sans être inquiété par la Justice, qui marche main dans la main avec l’État répressif. Ces meurtres, ces viols, ces agressions policières, ne sont pas le fruit de quelques « brebis galeuses », mais bien de l’institution policière dans son ensemble !




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