Société

Violences policières

Le policier avoue avoir usé d’une force « disproportionnée » contre le lycéen de Bergson (Paris)

Publié le 20 septembre 2016

Rappelez-vous. Le 24 mars dernier, alors que le mouvement contre la loi travail prend dans les lycées, un mineur de 15 ans, lycéen à Henri Bergson dans le 19ème arrondissement de Paris est brutalement frappé par la police. Pas de chance pour les agents dépositaires de la force publique, ce jour-là, la scène est entièrement filmée par des élèves et diffusée dans une vidéo qui fait le tour du web… Des images qui l’ont obligé, lors de sa deuxième audition par l’IGPN (la police des polices) à avouer les faits.

Y.L

Le jeune lycéen est un mineur de 15 ans. Sur la vidéo, on le voit encerclés de trois policiers : un premier coup tombe. Le lycéen est propulsé à terre. Il se relève, sur ordre des policiers, et c’est un deuxième coup, au visage cette fois, qui lui est asséné. Selon son avocat, Maitre Arié Alimi, le médecin en charge de l’enquête a dans un premier temps sous-estimé les blessures de la victime dont le nez a été cassé avec ce deuxième coup. Du côté du policier, après avoir nié les faits, ce dernier vient d’avouer avoir fait un usage « disproportionné de la force ». Il devrait passer en jugement pour ces faits le 10 novembre prochain.

L’agression de ce jeune mineur lors de la mobilisation des lycéens de Bergson dans le cadre de la loi travail n’est pas un cas isolé. Un autre cas de violence policière par un policier en civil a été fait ce même jour et filmé par des élèves. On y voit le policier donner des coups de matraques à un lycéen, au corps puis à l’arrière de la tête, alors que celui-ci, avec le groupe de lycéen, se dirige calmement dans la direction opposée. Lui aussi, à l’épreuve des images a avoué avoir usé de la force de manière « illégitime » et comparaitra le 14 octobre prochain.

La possible condamnation de ces deux policiers pour fait de violence « disproportionnée » et « illégitime » à l’encontre de mineurs serait une première dans le cadre des nombreuses violences policières qui se sont déroulées durant les journées de mobilisations contre la loi travail, mais aussi au travers du cas d’Adama Traoré mort cet été, dans des circonstances que la police a tout fait pour cacher. Pour sûr, le fait qu’il s’agisse de mineurs avec le potentiel symbolique et choquant que cela comporte, appuyé par des images vidéos qui mettent à nue la violence des faits, pourrait bien obliger les autorités, qui ont déjà dénoncé ces faits en la bouche de Bernard Cazeneuve en mars dernier, à émettre des sanctions pénales à l’encontre les policiers. Histoire de faire oublier toutes les violences qui restent jusqu’à aujourd’hui encore largement tues et niées….