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Politique

Edito

Les attaques anti-sociales du gouvernement : un cocktail potentiellement explosif ?

Face à la nécessité de faire passer ses contre-réformes profondément anti-sociales qui visent à détruire bon nombre de nos acquis sociaux, Macron a choisi l'option « vite et en même temps ». Ainsi, en ce début de quinquennat, tout le monde y passe : fonctionnaires, salariés du publics comme du privé, retraités, jeunes, étudiants,lycéens... Une stratégie qui pourrait au final avoir un effet boomerang et se retourner contre lui, à l'heure où les colères à l'encontre de la politique menée par son gouvernement commencent à s'exprimer.

Face aux politiques austéritaires et anti-sociales menées depuis des dizaines d’années par les gouvernements successifs, poursuivies et amplifiées par celui de Macron, cette semaine a été marquée par plusieurs grèves et mobilisations.
En effet, fait historique, le secteur des Ehpad avec ses salariés qui subissent la réalité d’un secteur soumis à l’austérité : conditions de travail déplorables, burn out, maltraitance des patients, a appelé à une journée de grève nationale ce mardi, qui a été une belle réussite. Le secteur hospitalier, qui est l’un des services publics qui souffre le plus de la casse des services publics et des logiques de rentabilité qui l’accompagnent – les burn out, démissions et suicides se multiplient depuis plusieurs années – a dans certaines villes rejoint cette mobilisation. C’est notamment le cas du CHU de Toulouse qui était dernièrement en grève. Jeudi, journée de mobilisation nationale appelée de manière unitaire par les syndicats et associations de l’enseignement supérieur – fait rare depuis 2009 et la mobilisation contre la Loi LRU2 - contre le plan étudiant qui entérine la sélection à l’université. Quelques organisations du secondaire ont également rejoint cet appel. Quelques milliers de lycéens, étudiants, personnels d’université et enseignants ont ainsi battu le pavé avec pour mots d’ordre « retrait du plan étudiant sans concession et ré-engagement de l’État et de moyens dans l’éducation ».

C’est dans cette conjoncture particulière, marquée par une montée de la contestation à l’égard des politiques actuelles et de celles à venir, que Macron et son gouvernement ont annoncé une attaque historique : un plan de départ volontaire dans le secteur public, et de ce fait la remise en cause même du statut du statut de fonctionnaire. En effet cette mesure signe la fin de l’emploi à vie dans la fonction publique. L’idée étant ici d’avoir moins de fonctionnaires et plus de contractuels, alors que les contractuels représentent déjà aujourd’hui 20% des effectifs selon la CGT. C’est de ce fait une fonction publique précarisée qui est en passe de se développer.

Cette attaque est une belle démonstration du mépris que les classes dominantes ont à l’égard de notre classe, de nos vies et de nos revendications. En effet, alors que le secteur de la santé et de l’éducation dénoncent les coupes budgétaires qui étranglent le service public et qui entraînent des conditions de travail déplorables, exigeant dès lors plus de moyens financiers et humains, la seule réponse du gouvernement : des miettes accordées pour museler la contestation sociale et une attaque considérable sur le statut de fonctionnaire.
Une attaque dont les classes dominantes rêvaient depuis des années, mais qui justement pourrait mettre le feu aux poudres et œuvrer à la coagulation des colères, qui aujourd’hui s’expriment à travers des luttes sectorielles. En effet, en faisant vite et « en même temps », le gouvernement pourrait bien voir le vent tourner.

Si aujourd’hui les colères qui commencent à germer se sont plutôt cristallisées dans des mobilisations sectorielles, la stratégie du gouvernement visant à passer rapidement et d’une traite ses contre-réformes pourrait se retourner contre lui. Face à un gouvernement qui n’épargne personne et est déterminé à détruire l’ensemble de nos acquis sociaux et à nous condamner à une vie toujours plus précaire, que l’on soit jeune, travailleur du public – la dernière attaque en date étant le jour de carence pour les cheminots, continuant à marcher progressivement sur l’ensemble des acquis de ces derniers - ou du privé, chômeurs, retraités, il est primordial de faire converger nos colères. Seule une grève massive, nationale, et une unification des secteurs en lutte, contre toute logique de division des dates, pourront permettre en effet de mettre en déroute le gouvernement ! Ces attaques sont par ailleurs pensées, à partir notamment de la précarisation croissante qu’elles engendrent, comme un moyen d’asphyxier les travailleurs, la jeunesse, et d’éviter toute possibilité de s’organiser, de relever la tête. Cette logique est en effet particulièrement criante dans les contre-réformes mises en place à l’encontre de la jeunesse. Il est donc nécessaire de mettre en place et de multiplier le genre d’initiatives unitaires, et d’en finir avec la multiplication, en ordre dispersé, d’initiatives et de journées de grève sans lendemain.




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