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Société

Répression

Les sans-abris persona non grata au Monoprix de Toulouse

C'est un nouvel exemple de répression envers les sans-abris. Au Monoprix de la rue Alsace Loraine, à Toulouse, la direction a tout bonnement interdit l'accès au magasin aux sans-abris.

Un article paru dans La Dépêche nous a appris, ce 6 février, la politique ouvertement anti-SDF menée par la direction du Monoprix de la rue Alsace-Loraine, à Toulouse. En effet, les consignes données aux vigiles sont extrêmement claires : Empêcher tout sans-abris de rentrer dans le magasin.

Une note interne datant du 18 novembre dernier, et relayée sur le compte Facebook du DAL 31 (Droit au logement), assure que cette décision d’interdire l’entrée du magasin à des SDF a été prise avec l’accord de l’adjoint au Maire, Olivier Arsac. Toujours dans les colonnes de La Dépêche, ce dernier explique alors avoir « en effet eu un contact avec le magasin Monoprix pour lui signifier que nous recevions de nombreuses plaintes sur la plateforme Allo Toulouse sur des regroupements devant le magasin. Nous avons informé le directeur que des patrouilles pédestres de la police municipale feraient le nécessaire. Je rappelle que l’arrêté anti-consommation d’alcool sur la voie publique est toujours en vigueur à Toulouse, de même que l’arrêté qui interdit les regroupements prolongés sur la voie publique. Mais de là à interdire l’entrée du magasin à des SDF, ce serait un défaut de vente à la clientèle. Cela relève de la responsabilité du directeur du magasin. Pas de la ville de Toulouse ». Une pirouette pour se défausser de toute responsabilité sur les riverains et qui a ouvert la porte à la direction, qui a saisi la balle au bond pour justifier la mise en place d’une politique profondément réactionnaire.

Qu’on se le dise, les sans-abris sont aujourd’hui persona non grata au Monoprix de la rue Alsace Loraine, l’une des principales arcades du centre ville toulousain. A l’heure du grand froid, d’un délaissement total des SDF dans nos rues et de la répression, comme en témoigne le fleurissement de dispositif « anti-SDF », ce sont aujourd’hui les possibilités de pouvoir se nourrir pour les sans-abris qui sont attaquées. Une véritable mise à mort, qui caractérise une politique globale inhumaine, et qui nécessite l’exigence de revendications d’urgence, comme la réquisition des logements vides pour loger tout les sans-abris, avec ou sans papiers, la fin des emplois précaires et la réduction drastique du temps de travail, afin de permettre l’embauche de toutes et tous en CDI.

Crédits photo : Photo DDM, Estelle Walton




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