Politique

De New York à Paris, des opprimés répondent à Trump

Manifestation anti-Trump à Paris. 1000 personnes contre le racisme, le sexisme et les LGBTphobies

Publié le 20 novembre 2016

Flora Carpentier

Ce samedi après-midi à Paris, près d’un millier de personnes ont manifesté dans une ambiance déterminée contre Donald Trump et toutes les formes d’oppressions qu’incarne le nouveau président. Un cortège dynamique, constitué de bon nombre d’américains étudiant ou travaillant en France, mais pas seulement, a ainsi défilé pendant plusieurs heures dans les beaux quartiers de Paris, scandant des slogans contre le racisme, l’islamophobie, le sexisme et la LGBTphobie, en défense des réfugiés et des droits de tous les opprimés. Une lutte qui ne s’arrête pas aux frontières des Etats-Unis, comme ont souhaité le démontrer les nombreux manifestants qui ont exprimé leur colère aux 4 coins des Etats-Unis les jours suivant l’élection du président xénophobe et sexiste, mais également dans plusieurs villes d’Europe comme Londres, Berlin, Bruxelles, et Paris.

Les organisateurs avaient appelé à se mobiliser pour « dire NON au racisme, à la misogynie, à l’islamophobie, à l’homophobie et à la transphobie, à l’antisémitisme, au validisme, à la xénophobie et au nationalisme blanc », ajoutant que « compte tenu de l’influence puissante et de la position des États-Unis sur la scène géopolitique mondiale, Trump est une menace non seulement pour les personnes résidant aux États-Unis, mais dans le monde entier ». Le texte d’appel n’exprimait néanmoins aucune délimitation avec la politique menée par les démocrates et Barack Obama depuis 2009, pourtant assurément antisociale et néfaste pour les populations opprimées, et en dernière instance responsable de l’élection de Trump, produit du rejet de la candidature Clinton. C’est ce flou qui a permis à des pro-Clinton de manifester auprès de ceux qui rejetaient les violences d’Etat déjà éprouvées à l’ère Obama, comme le met en lumière le mouvement #BlackLivesMatter. Malgré la présence regrettable de ce secteur pro-démocrates, l’ambiance générale qui ressortait était clairement celle d’un rejet de la politique raciste et sexiste de Trump. Un secteur anticapitaliste a également fait entendre sa voix, autour de militants du NPA, ainsi que des antifascistes. Les manifestants réclamaient la démission de Trump aux cris de « Hey Hey, ho ho, Donald Trump has got to go ! » (« Donald Trump doit partir »), revendiquant la véritable démocratie, celle de la rue : « This is what democracy looks like ! » (« Voilà à quoi ressemble la démocratie »).

La manifestation, parsemée de pancartes ne manquant pas de créativité et encadrée de près par les gendarmes, a débouché au pied de la tour Eiffel aux cris de « Black lives matter ! » (« La vie des noirs compte »), en référence au mouvement de protestation contres les violences policières envers les noirs aux Etats-Unis.

S’ensuivait un enchaînement de slogans en dénonciation de diverses formes d’oppressions : « Muslims rights are human rights ! Gay rights are human rights ! Trans rights are human rights ! Women rights are human rights !... » s’écriait la tête de cortège, revendiquant les droits des musulmans, des LGBT, des femmes… telle une réponse aux propos et engagements haineux de Trump. De nombreuses femmes brandissaient des pancartes faisant référence au droit à l’avortement auquel Trump promet de s’attaquer, tandis que le slogan “Our body, our choice !” (« Notre corps, notre choix ») retentissait avec le même écho que dans les rues de New York.

Les slogans et pancartes antiracistes et en défense des réfugiés prenaient tout autant de place dans la manifestation, trouvant un écho particulier avec la situation hexagonale : « Education, not deportation ! » ; « Nous sommes tous des enfants d’immigrés ! », ou encore « Say it loud, Say it clear, refugees are welcome here ! » (« Dit le fort, dit le clairement, les réfugiés sont les bienvenus ici ! »). S’exprimait également une opposition à la politique de Trump concernant les causes environnementales.

Après l’élection d’un président xénophobe et sexiste à la tête de la plus grande puissance mondiale, et les violences qu’elle a d’ores et déjà générées, les opprimés du monde entier et leurs soutiens ont d’autant plus de raisons de faire entendre leurs voix, haut et fort, avec fierté et détermination, sur la toile et dans la rue. C’est d’ailleurs le sens de la manifestation nationale de femmes convoquée à Washington le 21 janvier 2017, lendemain de l’investiture de Trump à la Maison Blanche. L’appel a viralisé sur les réseaux sociaux, et l’évènement Facebook compte d’ores et déjà plus de 200.000 intéressés et 106.000 participants. Des appels similaires pourraient bien émerger dans d’autres villes du monde, pour rejeter Trump et sa politique, qui s’exprime déjà bien au-delà des frontières états-uniennes.