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Politique

Violences contre les détenus

Morts en série à Fleury

Il y a eu autant de morts en six semaines que sur une année, à la Maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. Six au total, depuis début mars. Les morts violentes et les suicides s’enchaînent, comme le dénonce l’Observatoire International des Prisons, repris dans « Le Parisien ».

Le chiffre fait froid dans le dos et rappelle qu’en prison, en France, le taux de morts violentes, qu’il s’agisse de suicides, d’homicides ou de décès par absence de soin, est bien supérieur à la moyenne national. Le cas de Fleury-Mérogis est tragiquement emblématique.

Lundi, un détenu a succombé à ses blessures, après plusieurs jours d’hospitalisation en état de mort cérébrale. Il avait été battu à mort, lors de la « promenade », la veille du jour où il devait être libéré, après avoir purgé une peine de deux mois.

Le 7 avril, c’est au tour d’un autre détenu. Il a été retrouvé mort. Il avait été vu par un médecin, la veille, à la suite d’une crise de vomissement. L’administration lui avait ordonné de réintégrer sa cellule. Pendant la nuit suivante, son co-détenu avait appelé les secours, mais sans succès. Une source pénitentiaire parle « d’erreur de diagnostic »…

Mais c’est aussi quatre suicides qui ont été enregistrés, ces dernières semaines, chez des détenus incarcérés dans le bâtiment D3, où il régnerait, selon un surveillant cité par Le Parisien, un « problème de mal-être ». On ne saurait mieux dire.

A Fleury, comme ailleurs, la question de la surpopulation carcérale est insoutenable pour les détenus. La Maison d’arrêt compte un peu moins de 2900 places mais ce sont 4100 prisonniers qui s’y entassent. Le problème n’est pas le « mal-être » du bâtiment D3. Le problème, c’est le système carcéral, sans pitié avec celles et ceux qui sont issus des classes populaires et sont jugés ou en attente de jugement alors que la justice est bien plus clémente avec les très gros criminels en col blanc.




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