Politique

Diviser pour mieux régner ?

Non, Laurent Berger, nous ne manifesterons pas à tes côtés ce samedi 12 mars !

Publié le 11 mars 2016

Damien Bernard

Alors même que ce mercredi 9 mars, il s’agissait de faire un « tous ensemble » contre Hollande et la loi El Khomri, Laurent Berger, secrétaire générale de la CFDT, avait décidé, suite à l’intersyndicale du 3 mars, d’appeler à de simples rassemblements ce samedi 12 mars. Pourtant ce n’est pas le mandat qu’ont donné un certain nombre de militants cédétistes et de structures, comme le syndicat CFDT métallurgie du Haut Rhin, qui n’ont pas hésité à déborder leur direction en manifestant ou en faisant grève le 9 mars. Donc non, alors même que se déroule la manifestation contre l’état d’urgence pour une convergence des colères à la même heure, nous ne serons manifestement pas présents aux côtés de Laurent Berger ce samedi.

La jeunesse et 21 de ses organisations étaient pourtant à l’initiative d’un vaste mouvement contre la loi Travail visant au nom de la « lutte contre le chômage » à instaurer la précarité pour tous, étudiants, salariés, retraités et chômeurs. Près de 500000 personnes ont manifestés dans toute la France pour demander le retrait total de la loi Travail qui n’est ni amendable ni négociable.

Cet élan de mobilisation, initié par la jeunesse, a entrainé la CGT et FO à soutenir l’appel, alors même qu’ils sortaient plutôt frileux après l’intersyndicale. Avec la CFE-CGC, la CFTC, l’Unsa et la Fage, la CFDT en ont décidé autrement, l’objectif étant de se garder une porte de sortie pour négocier avec le gouvernement les miettes, que ce dernier au service du patronat, voudra bien lui donner.

De la sorte, Laurent Berger fait tout pour que les salariés se mobilisent en ordre dispersés, et même à « concurrencer » la manifestation contre l’état d’urgence, alors même que la loi El Khomri est en quelque sorte la continuité sur le terrain social des politiques sécuritaires et autoritaires du gouvernement.

Mais, pour le secrétaire générale cédétiste, celui qui a accompagné l’ensemble des contre-réformes du gouvernement, depuis le début de son quinquennat, à travers le « dialogue social », le traumatisme de 2003, et la perte d’entre 10 à 20% des militants suite au soutien à la réforme Fillon reste prégnant.

Il faut ainsi répondre à la pression de la base, et de certaines structures, tout en se montrant ouvert à négocier les miettes, en agitant par exemple la surtaxe du CDD, comme une avancée qu’il s’agirait de négocier, alors même qu’il serait favorable au cœur de la réforme à savoir l’inversion de la hiérarchie des normes et la généralisation des accords d’entreprise le couteau sous la gorges des salariés.

Donc non, nous ne serons pas avec Laurent Berger, ce samedi, car il tente de nous diviser plutôt que de nous unifier. Nous ne serons pas non plus avec celui qui ose expliquer qu’il n’y aurait pas « de mesures anti-jeunes » dans le projet de loi El Khomri.

Ainsi, nous appelons l’ensemble des militants et les structures de la CFDT, à converger à la manifestation contre l’état d’urgence ce samedi, puis à se joindre à la journée nationale de mobilisation impulsée par la jeunesse le 17 mars, à laquelle se sont déjà joint des fédérations et des syndicats de la CGT pour exiger le retrait total de cette loi qui vise à nous faire revenir au 19ème siècle.