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Monde

Perquisition et détentions arbitraires contre l'extrême gauche

Nouveau scandale en Argentine. Arrestation de 6 militant-e-s du PTS le jour des élections

Peu après 10h30, heure locale, la police de la province de Buenos Aires est intervenue, sans mandat de perquisition, dans un local du Parti des Travailleurs Socialistes et a procédé à l’arrestation de 6 militant-e-s, dont deux candidat-e-s du FIT aux élections qui se tiennent aujourd’hui.

Du jamais vu depuis très longtemps. Il y avait déjà eu les perquisitions des locaux des partis et courants d’extrême gauche à Cordoba, la seconde ville du pays, début septembre, en marge des manifestations organisées un mois après la disparition de Santiago Maldonado, le jeune activiste pro-Mapuche qui, selon les derniers rebondissements de l’affaire, a bien été tué par la gendarmerie.

Cette fois-ci, les flics ont procédé à une perquisition illégale du siège du PTS de Mar del Plata, ville située à 400 km au sud de la capitale, sur la côte Atlantique. La Bonaerense, la police de la province de Buenos Aires, tristement connue pour ses violences, ses crimes et sa participation à de multiples réseaux d’économie parallèle (traite, trafic de drogue, trafic d’armes, etc.), a donc débarqué en milieu de matinée. Les flics sont arrivés, prétextant qu’un local de parti ne pouvait être ouvert en ce jour d’élections législatives et sénatoriales de mi-mandat. Les camarades présents, qui ont exigé un mandat en bonne et due forme, ont répondu que le local était ouvert car il servait de quartier-général local pour les opérations de suivi des bureaux de vote (assesseurs, observateurs, scrutateurs, etc.) qui sont organisés par les militants et militantes du Front de Gauche et des Travailleurs (FIT).

Ne voulant rien entendre, les flics ont procédé, dans la foulée, à l’interpellation de six camarades présents, dont Gustavo Vicini, tête de liste des candidats du Front de Gauche et des Travailleurs pour le Sénat sur la cinquième circonscription de la province de Buenos Aires et Libertad Martínez, candidate aux élections pour le conseil municipal de Mar del Plata. Au cours de l’opération, ils en sont même arrivés à frapper une militante.

Les principaux candidats du FIT, à commencer par Nicolás Del Caño et Myriam Bregman, ont immédiatement réagi en faisant porter « la responsabilité de cette opération policière » sur la gouverneure de droite de la province, María Eugenia Vidal, soulignant le caractère absolument scandaleux de ces interpellations, plus encore « 48 heures après l’identification formelle du corps de Santiago Maldonado » dont l’assassinat, en dernière instance, a été commandité par le gouvernement de droite, Mauricio Macri et sa ministre de l’Intérieure, Patricia Bullrich.

Face au scandale qui commencait à enfler sur les réseaux sociaux et compte-tenu du caractère particulier de cette élection qui se donne dans un climat extrêmement polarisée, les six camarades ont été libérés peu après midi, heure locale. Cette intervention policière témoigne néanmoins de la façon dont le gouvernement Macri et ses partisans entendent faire face à l’opposition, au monde du travail et à la jeunesse et de la forte polarisation politique qui caractérise l’Argentine depuis ces trois derniers mois.

[Crédit photo : LaIzquierdaDiario-Argentine]




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