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Notre classe

Onet malhonnête

Onet : grève des agents de nettoyage au CHU de Nantes

Que ce soit pour la propreté des gares ou pour celle des hôpitaux publiques, Onet brille toujours par sa malhonnêteté et par les conditions de travail dégradantes qu'il impose à ses employés : heures supplémentaires non payées, sur-charge de travail, manque de matériel… La course au profit se fait toujours sur le dos des travailleurs des sous-traitants.

Autre service publique mais mêmes pratiques d’exploitation, que ce soit à la SNCF ou dans les CHU, Onet reste le numéro un de l’exploitation dans le secteur du nettoyage. Les agents du CHU de Nantes ne pourront pas dire le contraire puisqu’ils se sont mis en grève ce lundi pour dénoncer des conditions de travail harassantes à l’hôpital. Une vingtaine d’agent de nettoyage sur la centaine que compte les sites de l’Hôtel-Dieu, de Saint-Jacques et l’hôpital nord ont cessé le travail pour protester contre Onet et sa politique du chiffre au détriment de l’humain qu’il prétend pourtant avoir « au cœur ».

Emmenés par le CGT, les travailleurs dénoncent une situation de crise grave qui perdure depuis des mois sans que la direction ne prenne en compte leurs souffrances. En effet, la liste des situations d’exploitation est longue entre la sur-charge de travail et les heures supplémentaires non rémunérées. Lynda Bedgjuelel, déléguée CGT d’Onet, dénonce le travail surhumain qu’une collègue doit abattre : 900 m2 à nettoyer, soit « 32 salles de consultation, des salles d’attentes, des sanitaires... Tout ça doit être fait en quatre heures ! ».

Autre exemple des conditions de travail hallucinantes auxquelles sont soumis les employés d’Onet. Chaque nuit, les huit blocs opératoires sont nettoyés par un seul et même agent qui doit « nettoyer tout le matériel médical qui a été utilisé dans la journée pour des interventions chirurgicales » et « tout le matériel qui a été a disposition des médecins et des chirurgiens a désinfecter », sans compter qu’il faut désinfecter du sol au plafond tous les murs. Un travail de titan qui repose pourtant sur les épaules d’une seule personne chaque nuit.

Avec une telle responsabilité sanitaire sur les bras, les employés sont forcés de faire des heures supplémentaires tous les jours, sans avoir la moindre compensation financière. Youna Swabahaddina, employée du matin et du soir, affirme faire « des heures gratuites tous les jours » par simple « conscience professionnelle ». Un dévouement honorable qu’Onet exploite sans aucune honte tant il sait que son personnel de nettoyage pourrait être directement mis en cause en cas d’infection des patients du CHU. Ce chantage qui ne dit pas son nom est tout simplement honteux alors que la santé des malades de l’hôpital publique est en jeu.

Le rythme intense et insupportable qu’Onet impose à ses employés en a déjà fait partir quatorze, épuisés par les cadences intenables et par le manque de produits d’entretien dans certains services. « On court tout le temps. C’est sans fin », « il faut aller vite ! C’est de la pression » : voilà les propos qui reviennent quand on évoque les conditions de travail avec les employés d’Onet au CHU de Nantes.

Après une journée de grève, les agents de nettoyage ont pu rencontrer leur direction et ont obtenu un rendez-vous à la mi-janvier pour examiner les problèmes que le employés rencontrent. Une concession que la direction a sûrement dû faire tant la victoire des grévistes d’Onet dans les gares franciliennes démontre que les exploités peuvent gagner par leur détermination et leur solidarité contre ceux qui leur impose les pires conditions de travail qui soient.

Crédit photo : Télénantes




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