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Notre classe

Parole de cheminote

Pepy nous a menti ! On ne veut pas négocier, exigeons le retrait du pacte ferroviaire !

Coup de gueule d'une cheminote à propos des récentes annonces de Guillaume Pépy, patron de la SNCF.

En avril 2018, E. Borne nous assurait qu’on était cheminots et qu’on le resterait.

Octobre 2018, G. PEPY veut aménager le statut des cheminots pour, dit-il, éviter d’avoir une SNCF à deux vitesses.

C’est ce que nous, cheminots, lisons dans son interview dans les Echos cette semaine...

Une interview qui a fait grand bruit dans les couloirs, les dépôts, les chantiers. On en parle partout : "Pepy nous a menti", "Il nous l’a faite à l’envers", "On nous avait assuré qu’on toucherait pas à notre statut"

Voilà ce qu’on entend ici et là. La colère se fait sentir, ça grogne dans les couloirs, ça voit rouge pour ceux qui, au printemps, ont peut-être cru les discours de l’entreprise et du gouvernement. D’autres plus avertis s’attendaient à ça. C’était dans le rapport Spinetta, et l’entreprise l’applique à la lettre : cela va donner au privé l’entretien des petites lignes non rentables, c’est-à-dire la suppression de 3500 postes par an jusqu’en 2026 pour le développement de la digitalisation, donc des métiers entiers qui vont disparaître. Ils veulent favoriser la mobilité géographique et professionnelle à l’intérieur et l’extérieur du groupe SNCF. Qu’est ce que cela signifie ? Forcer les départs en retraite ? Forcer le départ des statutaires dans les entreprises concurrentes ? Se débarrasser des agents réformés qui ne peuvent plus travailler comme avant pour cause d’accident ou de maladie ? Mettre une pression énorme et quotidienne aux cadres et aux employés pour les pousser à démissionner dans le meilleur des cas, si ce n’est pas les pousser à bout et commettre l’irréparable ? Jusqu’où iront-ils pour liquider la SNCF ? Jusqu’où iront-ils pour nous tuer à petit feu ? Chaque mur construit, chaque boulon serré sur les voies, chaque rail posé, chaque train qui roule, chaque signal qui s’ouvre, chaque consigne de sécurité écrite, chaque train nettoyé, chaque billet vendu, chaque train sécurisé, toutes ces actions sont l’oeuvre de notre sueur et certainement pas celle de la direction, la SNCF nous appartient !!! On ne veut pas négocier de convention collective de haut niveau. Les partenaires sociaux se foutent de nous. On EXIGE l’abrogation du pacte ferroviaire.

Photo : O Phil des contrastes




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