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Plan PSA-Opel. Quand le « capitalisme sauvage » ce sont les patrons français

L'achat par PSA des marques Opel et Vauxhall est acté depuis mars dernier mais c'est maintenant que commencent à arriver les premières informations sur le plan de redressement de la marque déficitaire depuis des années. Quand on voit quel sort le groupe PSA a réservé aux GM&S, on ne peut pas s'attendre à mieux pour Opel.

Depuis le rachat pour 2,2 milliards d’euros d’Opel à Général Motors par le groupe PSA, les inquiétudes sont vives chez les 40 000 salariés de la marque allemande. La gestion de PSA et la remise sur pied du groupe industriel français ne s’est pas faite sans dommages pour les emplois et sans fermeture d’usine. Aussi, les salariés attendaient dans l’inquiétude depuis mars dernier, date de l’acquisition par PSA, de savoir à quelle sauce ils allaient être mangés par Carlos Tavares, PDG du groupe.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la couleur est clairement annoncée : « La seule règle, c’est gagner de l’argent », a, en effet, déclaré Carlos Tavares à propos du programme de redressement de la marque prévu pour début novembre. Dans la foulée, la présidence du directoire du groupe français a restructuré l’équipe dirigeante de la marque en affectant aux finances, à la stratégie industrielle et à la logistique des fidèles de chez PSA, rodés à la gestion musclée qui a remis en selle le groupe sur le dos des travailleurs.

Ainsi, les six usines de montage, les cinq usines de production de pièces et le centre d’ingénierie de Rüsselsheim vont-ils être soumis aux méthodes de PSA qui visent une reprise d’activité records avec une « marge opérationnelle de 2% en 2020 », c’est-à-dire une croissance de 2% entre les investissement et le chiffre d’affaire. Les propos de Carlos Tavares à ce sujet sont, une fois de plus édifiants et glaçants : « Vous ne pouvez pas imaginer les coupes qu’on peut faire dans l’industrie automobile. Il y a énormément de gaspillages chez un constructeur ».

PSA entend limiter les gaspillages et réorienter la production pour privilégier la marge sur chaque véhicule au volume. Sa position de numéro deux sur le marché européen depuis le départ de General Motors lui permet de privilégier cette option de développement. En attendant, les 40 000 salariés sur les différents sites de la marque Opel risquent de devenir une charge pour le groupe PSA qui vise avant tout à conforter ses profits. La révision de l’appareil industriel, nécessaire pour opérer la réorientation de la marque Opel risque encore une fois de se faire à grand coups de fermeture d’usine et de « plan social », comme à Aulnay.

Quand on se souvient que PSA a annoncé, il y a un an vouloir procéder à 2000 licenciements, on peut s’attendre au pire de la part du capitalisme sauvage français dont PSA est le parfait représentant.

Crédit image : Steve Greenberg




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