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Politique

Le 22 mars... rien

Pour Macron, l’impact des grèves et des manifestations « n’existe pas »

Entre deux pourparlers sur l’Union Européenne à Bruxelles, Emmanuel Macron a réagi aux mobilisations d’ampleur de ce 22 mars lors d’une conférence de presse ce vendredi. Alors que pour ce coup d’envoi nous étions près de 500.000 cheminots, lycéens, étudiants, travailleurs de la santé, retraités, enseignants, etc dans les rues, celui-ci a déclaré que la grève très largement suivie n’aurait aucun impact sur les réformes prévues. Les paris sont ouverts.

Du haut de son sommet de Bruxelles, le président des riches a encore une fois frappé de son mépris. « L’impact » des mouvement « n’existe pas », la mobilisation massive du 22 mars est d’après lui « normale » puisque chaque pays qui mène des réformes « connaît des mouvements sociaux », mais pas de quoi faire reculer le gouvernement. En somme, ces mouvements « ne sont pas de nature à conduire le gouvernement à revenir sur ce qui a commencé à être mis en œuvre ».

Un regard froid et condescendant sur la situation, mais logique du côté de la gouvernance qui veut frapper vite, frapper fort. Gouverner d’une poigne de fer, par ordonnance, mettre l’État d’urgence dans la constitution, accélérer les processus parlementaire… se construire un pouvoir fort en capacité de faire franchir le plus rapidement possible à la France le tournant néo-libéral qu’elle n’a pas encore suivi jusqu’au bout.

Et c’est donc au moment où Macron se réunit avec ses petits copains gestionnaires de l’Union Européenne que celui-ci assène que ses réformes de privatisation du service public, de « flexi »-précarisation de l’emploi, de casse des statuts, seront menées jusqu’au bout. Macron dans sa parade tente ainsi, alors que sa base sociale n’a de cesse de se rétrécir, de réaffirmer sa détermination et son pouvoir.

Pour lui ces réformes sont « ce que nombre de nos partenaires, et en particulier l’Allemagne, attendaient depuis de nombreuses années, et à juste titre. Nous continuons à le faire et cela je crois renforce plutôt la crédibilité ». Déjà le président des riches se prépare à continuer son train infernal de réformes néo-libérales, inspirées directement du « modèle allemand », à grand coups d’austérité et de précarisation.

Macron dans son palais de l’Élysée peut se targuer de dire que les grévistes et les manifestations n’existent pas, à l’instar d’un Sarkozy qui expliquait en 2009 que « désormais, quand il y a une grève en France personne ne s’en aperçoit ». Les deux ont la même logique derrière ces déclarations chocs. Ils s’appuient sur un fait réel, le mouvement ouvrier en France a subit de lourdes défaites ces dernières années. Une certaine démoralisation est apparue après la défaite des retraites en 2010. De fait, Macron, comme Sarkozy à l’époque, veut nous démoraliser, nous laisser la tête sous l’eau.

Mais en 95, c’est bien les grèves massives de cheminots et des fonctionnaires qui ont fait reculer Juppé et son plan de casse généralisé des retraites et des régimes spéciaux. En 2006, ce sont les mouvements conjoints des étudiants et des travailleurs qui ont fait retirer la création du CPE. Et il y a cinquante ans, à l’échelle internationale, c’est aussi l’alliance des étudiants et des ouvriers qui a ouvert une crise majeure dans le pouvoir des classes dominantes. Soyons certains qu’un blocage de l’économie impacte toujours. La question est, jusqu’où serons-nous prêts à impacter ce gouvernement ?

Crédit photo : vu sur actu.orange.fr




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