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Politique

Offensive contre les chômeurs

Réforme de l’assurance chômage : le début de négociations difficiles

Les négociations pour la réforme de l’assurance chômage ont commencé hier. Les organisations syndicales et patronales ont trois mois pour se mettre d’accord, ensuite le gouvernement tranchera. Macron qui cherche par tous les moyens à renouer avec une popularité qui a depuis longtemps disparu, menace le patronat de mettre en place le système de bonus malus par rapport à l’utilisation excessive de contrat court. La CGT a frappé un grand coup en déchirant la feuille de route du gouvernement mais continue malgré tout à négocier.

Crédit photo : AFP / Jean-Francois Badias

Huit réunions de négociations sont prévues entre le 9 novembre et le 15 janvier prochain entre les syndicats et le patronat. Le but de cette réforme ? Permettre de faire entre 3 et 4 milliards d’économie sur 3 ans.
Le gouvernement via une feuille de route a annoncé son plan : attaquer les chômeurs. En effet, d’après Macron et toute sa clique, le problème du chômage et du déficit de l’UNEDIC n’est autre que le chômeur en soit. Le marché du travail ne serait pas adapté et les contrats courts trop nombreux. Du coup quoi de mieux que de précariser encore un peu plus le chômeur pour favoriser une embauche sur le long terme ?

Les mesures à « négocier

Une chose est sûre : ces négociations ne seront pas de tout repos tant l’attaque est considérable. Il est question de refondre totalement l’assurance chômage. Il est question de revoir les règles autorisant les chômeurs à cumuler une activité réduite et une allocation chômage. Le gouvernement souhaite que ça ne soit plus le cas. Il veut revoir à la hausse le seuil minimal de temps de travail effectué pour recharger ses droits. Il souhaite également revoir les règles de calcul du salaire journalier qui déterminent le montant de l’allocation chômage. A travers ça, le but affiché par le gouvernement serait de favoriser les contrats à temps plein plutôt que les contrats courts. La mesure de dégressivité des allocations chômage est quant à elle justifiée comme une manière de favoriser le retour de l’activité à temps plein..

Pour résumer, le gouvernement de Macron souhaite que les travailleurs privés d’emploi ou qui n’ont que du travail à temps partiel ou bien des CDD de courte durée et à répétition se bougent afin de trouver des CDI, comme si cela dépendait du chômeur. Si c’est bel et bien le chômage de masse qui permet aux patrons d’utiliser des salariés kleenex ce n’est pas la faute du chômeur qui se voit obligé d’accepter des contrats en CDD ou à temps partiels parce que c’est tout ce qu’on lui propose et si il n’accepte pas on lui sucre ses indemnités. Pour faire des économies Macron veut tout simplement couper le robinet des allocations aux chômeurs. Si il enchaine des CDD il ne pourra pas recharger ses droits et gagnera moins d’indemnités chômage et donc sera obligé de prendre n’importe quel poste pour ne serait ce qu’avoir un revenu à peine suffisant pour survivre. Si Macron est une machine à radicalisation il est aussi une machine à précarisation.

Des syndicats à la table des négociations

La CGT a frappé fort d’entrée. Le négociateur du syndicat sur ce sujet, Denis Gravouil a déchiré la lettre de cadrage du gouvernement devant les caméras, expliquant qu’« Il n’est pas question de respecter les économies sur les droits des chômeurs » pourtant celui-ci reste autour de la table des négociations alors même qu’il n’y a rien à négocier.

Les autres syndicats ont quant à eux affirmé leur volonté d’aboutir et leurs lignes rouges à ne pas franchir. Le document en soit est une ligne rouge. Force Ouvrière a expliqué qu’il n’y avait que « deux épouvantails », « le bonus-malus côté employeurs et la dégressivité côté salariés ». La CFDT a expliqué que les trois mois de négociations étaient suffisants pour trouver un accord.

Macron en chute libre dans les sondages menace le patronat de mettre en place le bonus malus

Emmanuel Macron qui est au plus bas dans l’opinion (27% d’opinion favorable au dernier sondage) essaye tant bien que mal de se refaire une santé de popularité mais en vain. De fait, devant la grogne latente qui ne cesse d’exploser à intervalle régulier, il a déclaré ce vendredi à Lens qu’il comptait pénaliser les entreprises qui abuseraient des contrats courts si le patronat et les syndicats ne se mettaient pas d’accord.

Il essaye ainsi de se débarrasser de son image du président des riches. Une tâche difficile. D’autant plus que cette menace, qui représente un véritable repoussoir pour le patronat, a très peu de chance d’être mise en place. La preuve en est : cette dernière n’apparait même pas dans la lettre de cadrage du gouvernement. Si Macron n’a pas expliqué les détails d’une telle mesure, il a déclaré qu’elle aurait quand même pour but d’inciter les entreprises à avoir moins recours aux CDD. A une journaliste de France Inter, le président a en effet expliqué que « les entreprises qui favorisent l’emploi durable pour les gens et donc la stabilité, auront des bonus et celles qui font trop de contrats courts auront des malus ». Dans tous les cas, une telle mesure ne pourra empêcher les entreprises d’avoir recours de manière excessive aux CDD puisque cela reste, même avec des malus, beaucoup plus avantageux pour eux.

Depuis le début de son quinquennat, la politique de Macron, visant à casser le code du travail, les retraites, à miner le pouvoir d’achat avec la hausse de la CSG et des taxes, et parallèlement à ça à offrir des cadeaux aux plus riches avec la suppression de l’ISF, est profondément antisociale et sa tentative de se muer en défenseur des travailleurs précaires et des chômeurs n’est pas prêt de prendre.




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