Jeunesse

Assigné à résistance par la préfecture

Rennes. Acharnement contre Hugo Melchior, à nouveau interdit de manifestation

Publié le 25 mai 2016

Mauvais, perdant Monsieur le Préfet. Mais pas dénué d’imagination. C’est ce qui ressort du nouvel arrêté d’interdiction de manifester que s’est vu notifié Hugo Melchior, jeune militant de Rennes II, en fin d’après-midi, mercredi, alors que le précédent avait été cassé l’avant-veille, lundi, par le Tribunal Administratif.

Corinne Rozenn

Les policiers se sont présentés à son domicile à 17h30, mercredi, pour lui signifier un nouvel arrêté lui interdisant de se rendre dans le centre de Rennes, jeudi 26, entre 7h et minuit. L’objectif était clair : non seulement empêcher le camarade, connu dans le mouvement rennais, de manifester, demain. En débarquant en fin d’après-midi, l’idée était également de l’empêcher de se pourvoir devant le Tribunal Administratif au cours de la journée pour faire casser cet arrêté liberticide ordonné par le gouvernement et paraphé par le préfet de Bretagne, Christophe Mirmand.

L’avant-veille, pourtant, un autre arrêté préfectoral visant Melchior avait été cassé par le Tribunal Administratif. Mauvais perdant, le préfet en a donc émis un nouveau. En revanche, toujours très inventive, la bureaucratie préfectorale a inventé un nouveau chef d’inculpation virtuel à l’encontre de Melchior. L’interdiction qui le vise est non seulement due au fait qu’il s’agirait d’un « meneur activiste » vu lors des dernières manifestations rennaises « au cours desquelles des violences contre les forces de l’ordre » ont été enregistrées, à l’instar de « jets de bombes artisanales », mais signalé également le 22 juin 2013 dans une manif à la suite de l’assassinat de Clément Méric, le 8 février 2014 lors d’une mobilisation anti-FN ou encore le 8 novembre 2014 à la suite du meurtre de Rémi Fraisse.

Le nouvel argument massue avancé par la préfecture, qui ne figurait pas dans l’arrêté précédent, est que Melchior serait « proche de la mouvance anarcho-autonome ». C’est donc la bonne vieille ficelle qui a déjà servi à embastiller Julien Coupat et d’autres camarades qui est ressortie. Melchior est un militant du mouvement opposé à la Loi Travail, mais les épithètes politiques suffisent, maintenant, dans le cadre de l’état d’urgence, pour assigner les militants à domicile ou à les brider dans leurs déplacements.

Une conférence de presse visant à dénoncer ce que Melchior définit comme un « acharnement préfectoral » et contre « l’arbitraire d’un Etat qui s’obstine et s’entête » se tiendra jeudi, à 10h, devant la préfecture de Rennes, en présence du camarade et de son avocat, Maitre Larzul. Ni l’état d’urgence, ni l’Etat policier ne nous empêcheront de manifester !