^

Notre classe

Enfumage

Retenues sur salaires : comment la SNCF tente de limiter la mobilisation des cheminots

A quelques jours d’un mouvement de grève d’ampleur, la direction de la SNCF tente une dernière manœuvre pour dissuader les grévistes. En décrétant les multiples préavis de grève déposés par la CGT, la CFDT et l’UNSA comme un seul et unique préavis, Pepy, patron de la SNCF, compte décompter du salaire des cheminots des jours de repos. Une façon de dévier le débat pour mieux occulter le combat qui arrive.

Crédits photo : O Phil des Contrastes

Tout y est passé. D’abord, l’opinion publique avec la rengaine des cheminots « privilégiés ». Ensuite, ce sont les pressions en interne avec les lock-out et les diffamations. Désormais, à quelques encablures d’un mouvement de grève massif, aussi bien chez les cheminots que chez les cadres, la direction de la SNCF abat sa dernière carte pour tenter de limiter la mobilisation des deux premières semaines de grève, qui s’annoncent déterminantes pour la dynamique du mouvement.

Pour cela, la direction de la SNCF lance son dernier joker. Ainsi, Guillaume Pepy entend décréter que les 18 préavis de grève de 2 jours déposés par la CGT ne seraient qu’un seul et même mouvement de grève. De la sorte, les jours de repos attenant aux jours de grève, donneraient lieux à des retenues sur salaire supplémentaires. Concrètement, « si vous faites grève deux jours avec un repos, vous serez ponctionné de trois jours. La SNCF vient d’inventer le travail gratuit », explique Sud- Rail.

De son côté, le secrétaire fédéral de SUD rail explique qu’il s’agit d’une « intimidation » qui exprime un raidissement de la SNCF. « C’est une façon de mettre la pression sur les cheminots afin de tenter de casser un mouvement qui s’annonce profond. » Tout en expliquant que Sud se différencie sur la question de la reconductible, il explique que « la SNCF se sert de ces nuances de modalités pour essayer de nous diviser et de faire porter à SUD les conséquences subies par les grévistes CGT. »

Avec cette énième manœuvre, la direction de la SNCF tente une diversion pour essayer d’occulter l’un des enseignements importants de la dernière séquence : ce 22 mars, les cheminots, mais aussi les cadres, se sont mis en grève massivement sur le seul préavis de Sud-Rail, puis de l’UNSA. Sur ce même créneau, très rapidement, les médias se sont saisis de l’affaire pour enfoncer un nouveau front anti-cheminots : « la grève, les cheminots vont la payer cher », titrait le Parisien.

Plus en général, la direction de la SNCF, et derrière le gouvernement, souhaitent, au travers de cette menace que les syndicats soulignent comme « illégale » , faire penser que les cheminots sont isolés et porteraient l’ensemble du poids de la grève sur leurs épaules. C’est une tentative d’effacer une autre séquence, celle de la jonction d’autres secteurs stratégiques, qui entreront en grève conjointement avec les cheminots, comme les pilotes d’Air France, les éboueurs ou encore les travailleurs d’EDF.

Ce sont aussi les nombreux soutiens d’usagers solidaires, d’ étudiants mobilisées contre Macron, ou encore les caisses de grève, qui recueillent, avant même le début de la grève des cheminots, de nombreux dons, qui reflètent le large soutien populaire à la lutte. Face à cette tentative de diversion, mais aussi de division, il s’agit d’opposer une stratégie pour commencer à converger autour d’une bataille commune contre Macron et ses contre-réformes. Tous ensemble, au même moment !




Mots-clés

Cheminot-e-s   /    Emmanuel Macron   /    SNCF   /    Notre classe