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Macron en rêve, Pepy l'a fait.

SNCF : Rassemblement contre l’inauguration de la ligne tram-train sans cheminot

Ce vendredi 30 juin, en gare d'Epinay sur Seine, Valérie Pécresse, présidente du Conseil régional d’Ile-de-France, et Guillaume Pepy, président de la SNCF, se sont réunis pour l’inauguration du tram-train T11, confiée par la SNCF à Transkéo, une filiale de droit privé de la SNCF, créée pour l’occasion. La libéralisation du transport ferroviaire est bel et bien en marche.

Le tronçon Le Bourget – Epinay sur Seine de la ligne 11 du tram-train a été inauguré le vendredi 30 juin. Pour une partie des travailleurs qui habitent et travaillent en banlieue nord, ça sera sûrement une bonne nouvelle, car le trajet devrait passer de 50 minutes actuellement à 15 minutes. Néanmoins, cette amélioration risque de leur coûter cher.

Les futurs conducteurs feront aussi de la vente

Les conducteurs (environ 70 agents) feront aussi de "l’information clients" et de la vente et la vingtaine de contrôleurs, de "l’information voyageurs".

C’est que, pour augmenter leurs profits, Transkéo, filiale de la SNCF, a décidé d’embaucher, à la place de cheminots formés pour assurer le conduite en toute sécurité des 42000 usagers prévus, des travailleurs polyvalents, qui seront tantôt conducteurs, tantôt commerciaux, avec de conditions de travail au rabais. Il semblerait qu’augmenter les profits est bien plus important qu’assurer la sécurité des usagers, avec du personnel formé et des conditions de travail dignes. C’est ainsi qu’Alain Krakovitch directeur général de SNCF Transilien, expliquait le choix « Transkéo » à des coûts qui sont 40% moins chers que ceux d’une ligne Transilien. Deux tiers de ces 40% correspondent à la nature de la ligne et un tiers correspond à la politique RH et à la polycompétence demandée aux agents".

La SNCF crée sa propre concurrence

Bien que ce soit la SNCF qui ait remporté l’exploitation de la ligne par un appel d’offres lancé par le Stif (syndicat des transports d’Ile-de-France), ça ne sera pas la SNCF mais une sous-filiale de cette dernière qui opérera sur la ligne 11, TRANSKEO. Cette société de droit privé a été spécialement créée pour l’occasion, en étant détenue par deux autres filiales de la SNCF, Keolis (transport urbain) à 51% et SNCF participations, à 49%.

En 2005, la SNCF comptait moins de 30 filiales ; un peu plus de dix ans plus tard, elles sont au nombre de 1250 dans le « groupe » avec toujours le même objectif, externaliser les charges de travail jusqu’ici effectuées par les agents de l’entreprise publique. Derrière le discours qui présente l’ouverture à la concurrence du rail comme une alternative nécessaire pour faire baisser les prix, se cache la politique de filialisation de la SNCF. Celle-ci n’est qu’une stratégie du patronat pour faire baisser les salaires des travailleurs du rail et en même temps le niveau de sécurité des usagers.

En marche… vers la casse du service public

Les syndicats de la SNCF accusent la direction de faire du "dumping social" au sujet de sa filiale privée Transkéo, qui exploitera le tram-train T11. La centaine de salariés employée par Transkéo, des conducteurs et des contrôleurs, ne pourra pas prétendre au "statut" de cheminot SNCF, qui offre une garantie de l’emploi, un système d’organisation du travail spécifique et un régime spécial d’assurance maladie et de retraite. Par conséquent, les travailleurs de différentes sociétés du groupe SNCF auront différents statuts, ce qui vise à les mettre en concurrence, à les diviser, à tirer les salaires et les conditions de travail vers le bas.
C’est pour cela qu’un rassemblement intersyndical a été organisé, lors de l’inauguration de la ligne à Epinay sur Seine, pour dénoncer la stratégie de concurrence en interne, revendiquer un statut unique pour l’ensemble des travailleurs du rail et refuser la mise en concurrence entre les salariés, à l’appel de FO, CGT, Sud rail, l’Unsa, et la CFDT.




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