Révolution Permanente N° 4

RP04 - Avril 2012 - 60 pages Sarkozy, Hollande Les deux visages de l'austérité

Les deux candidats officiels de la bourgeoisie se succèdent sur les plateaux et rivalisent en acrobaties pour essayer de faire oublier aux électeurs les mauvais coups qu’ils préparent s’ils sont élus. Sarkozy a choisi sa tactique, en portant la barre à droite toute. Il suit en cela Le Pen, en ayant l’impression que c’est lui qui marque le ton. C’est en fait le président sortant qui est à la remorque de la candidate frontiste de par sa démagogie réactionnaire, raciste et islamophobe. De son côté, Hollande, dans la dernière ligne droite avant le premier tour, s’abstient… Le candidat socialiste renâcle à opter pour une stratégie de campagne à la Papandréou. L’ancien premier ministre socialiste grec avait promis monts et merveilles pour déloger en octobre 2009 Caramanlis et son gouvernement de droite… avant de faire tout l’inverse quelques semaines plus tard et d’appliquer une thérapie de choc, ce qui n’a pas empêché le pays de s’enfoncer dans la crise. Hollande s’abstient donc de toute promesse et de tout engagement. Son meilleur atout, c’est le ras-le-bol de Sarkozy, que bien des travailleurs et des jeunes ne peuvent plus encadrer, et qu’ils verraient bien dégager dans les prochaines semaines. Le seul « hic », c’est que Hollande s’apprête à appliquer, à sa sauce, le second volet de l’orientation de Papandréou, à savoir « la cure d’austérité drastique », à l’image de ce qu’ont fait les « socialistes » espagnols ou portugais.