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Notre classe

Halte à la répression anti-syndicale

Solidarité ouvrière devant le tribunal de Versailles, pour exiger la relaxe de Farid, militant CGT à PSA Poissy

C'est une belle ambiance de convergence et de solidarité ouvrière qui résonnait ce vendredi 23 juin au matin, sous les fenêtres du Tribunal correctionnel de Versailles où était convoqué Farid Borsali, secrétaire CGT à PSA Poissy.

Son tord ? Être une épine dans le pied de la direction de PSA, pour le seul fait d’être un militant syndical combatif. Alors pour défendre l’un des leurs et le droit à résister, près de 200 ouvriers de différentes usines de PSA, Renault, et d’ailleurs avaient fait le déplacement, certains s’étant levés avant l’aube pour venir soutenir leur camarade depuis Mulhouse, Metz, Valenciennes, Caen ou Rennes. De PSA Poissy où Farid milite depuis des années, ils n’étaient pas loin de 80 à avoir répondu à l’appel à soutien, n’hésitant pas à perdre des heures de salaire pourtant précieuses pour faire face à la répression patronale. "Relaxe pour Farid" pouvait-on lire sur les dizaines de pancartes brandies à l’occasion des prises de paroles, tandis qu’un mélange de colère et d’émotion se lisait sur les visages ouvriers. Parce que Farid n’est pas seul : comme en témoignaient les dizaines d’interventions se succédant au micro, il n’est pas seul à relever la tête face aux pressions managériales toujours plus fortes dans les boîtes. Il n’est pas seul non plus à subir la répression, de plus en plus dure et assumée, envers les travailleurs combatifs. Il n’est pas seul enfin, face à cette répression qui cherche à intimider : ces dernières semaines, il a reçu un large soutien, par une pétition ayant recueilli près de 2000 signatures, dont de nombreuses personnalités.

Tous décrivaient une situation intenable dans les usines du secteur automobile, où quelque soit l’employeur, la recherche du moindre profit est chaque fois plus criminelle envers les travailleurs. Ainsi, à la fonderie PSA de Charleville Mézières, en l’espace de quelques mois, deux ouvriers ont fait des tentatives de suicide. A PSA Poissy, pas moins de neuf travailleurs combatifs font l’objet de mesures disciplinaires, l’un d’entre eux, Rachid, étant menacé de licenciement. Et partout, c’est la même rengaine : les baisses d’effectifs, la précarité toujours plus grande, les week-ends et jours fériés de travail obligatoire, les hausses de cadences, l’épuisement et le sentiment de "perdre sa vie à l’usine, plutôt que de la gagner", pour reprendre les mots d’un délégué CGT. Et pour compléter le tableau, le patron s’en donne à cœur joie pour criminaliser et réprimer ceux qui refusent cette mise au pas.

Mais ce matin derrière les fenêtres de ce temple de l’injustice de classe, les alliés du patronat riaient jaune : face à la solidarité infaillible qui entourait Farid, ils se sont empressé de l’appeler à la barre avant tout le monde, histoire d’en finir au plus vite avec ce rassemblement qui n’était pas à leur goût au cœur de la cité du roi Soleil. Farid et son avocate sont sortis confiants de l’audience, affirmant avoir démonté point par point les accusations de la direction, vides de toute réalité.

Si le rendu de justice concernant Farid Borsali est attendu pour le 7 juillet, la contestation ouvrière semble avoir encore de beaux jours devant elle, car la solidarité a démontré qu’elle savait être au rendez-vous quand l’on s’en prenait à l’un d’entre nous. C’est cette solidarité et ces convergences qu’il s’agit désormais de construire et de renforcer sur tous les lieux de travail et entre les différents secteurs, pour mettre un coup d’arrêt aux politiques anti-ouvrières du patronat et du nouveau gouvernement à son service.




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