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Monde

Sixième jour de bombardement

Syrie. Le massacre se poursuit

Le bilan s'élève désormais à plus de 410 morts civils – dont 95 enfants – depuis le début des bombardements systématiques sur la Ghouta orientale, la dernière zone rebelle située dans la grande banlieue de Damas, où la population se retrouve prise en étau entre les milices islamistes et les frappes du régime et de ses alliés. .

En Syrie, un nouveau drame humanitaire se déroule, alors que différentes puissances essaient de conforter leurs positions à l’occasion du conflit qui s’est ouvert avec le déraillement du processus révolutionnaire, en 2011.

Du côté pro-Assad, la Russie et l’Iran renforcent l’armée syrienne avec des moyens militaires qui lui permettent d’écraser ceux que le régime désigne comme les rebelles, en confondant le mouvement anti-Assad qui a pris forme en 2011 avec les diverses milices islamistes, qu’Assad a largement instrumentalisées. Dans la Ghouta orientale, l’allié russe, qui dispose d’un véto au Conseil de Sécurité de l’ONU, s’oppose à tout cessez-le-feu humanitaire, proposé en Conseil par les ambassadeurs de Suède et du Koweït qui font, quant à eux, le jeu des Etats-Unis et de la coalition anti-Daech.

Dans le jeu de ces intérêts, la population reste prise en étau, les hôpitaux et les infrastructures civiles sur place sont les cibles privilégiées des forces légitimistes et les conditions de survie sont dramatiques. Les puissances impérialistes dénoncent les exactions du régime, mais pris eux-mêmes dans la logique de leurs propres intérêts et alliances, se montrent incapables d’inverser la situation en faveur des populations civiles. Washington, dont l’intérêt immédiat est de conserver ses positions dans le secteur kurde d’Afrin, aujourd’hui sous le feu de son allié turc, a à peine haussé un sourcil pour commenter la situation. Son ambassadrice à l’ONU, Kelley Curie, a vivement protesté, mais personne n’est dupe. Antonio Guterres, secrétaire général des Nations Unies, « fait part de sa profonde inquiétude » mais s’apprête à tolérer le spectacle d’un nouveau massacre de masse, sur le modèle de ce qui s’est fait à Alep.

La raison géopolitique et le jeu des intérêts impérialistes convergent dans la région et ne répugnent en rien à sacrifier la population à large échelle.

[Crédit : AFP]




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