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Jeunesse

Lutte contre la sélection

Tolbiac continue l’occupation malgré les menaces de la direction et de l’extrême droite

Le centre Tolbiac de l’université Paris 1 est occupé depuis une semaine par des étudiants mobilisés contre le plan étudiants. Ce matin, une AG massive de 1000 personnes a reconduit le blocage jusqu’à mardi. Les menaces de la direction et de l’extrême droite se multiplient.

Après avoir revoté lors d’une Assemblée Générale massive de 1000 personnes l’occupation du centre de Tolbiac, les étudiants mobilisés avaient appelé à un rassemblement devant le centre occupé à 18h. En effet, depuis plusieurs jours, ceux-ci ont reçu de nombreuses menaces.

D’abord, de la part de la direction. Après l’inscription de tags antisémites dans le local de l’UEJF, la direction de l’université a cherché à monter en épingle l’affaire pour décrédibiliser la mobilisation. Celle-ci cherche à demi-mots à l’attribuer aux étudiants mobilisés alors même que ceux-ci ont vivement dénoncé cette attaque antisémite dans un communiqué. Depuis la découverte de ces tags, la direction s’en sert comme prétexte pour exercer une répression sur la centaine d’étudiants qui occupent continuellement le centre : en fermant régulièrement l’accès au centre, en coupant l’électricité à plusieurs moments ou encore en faisant planer la menace d’une intervention policière. Sans compter les provocations régulières : lors de la nuit de mercredi à jeudi, la direction a déclenché la climatisation et ouvert une fenêtre du centre pour frigorifier les étudiants qui dormaient dans le centre. A travers ces actes, la direction de l’université met sciemment en danger les étudiants mobilisés, à rebours de sa préoccupation affichée pour « l’intégrité physique des étudiants ».

En cherchant à décourager les étudiants mobilisés, elle les expose notamment à une intervention des groupes fascistes qui menacent régulièrement l’occupation. Depuis le début du mouvement, ceux-ci menacent régulièrement les étudiants présents sur les réseaux sociaux en appelant à « refaire la même chose qu’à Montpellier ». Des militants d’extrême droite s’infiltrent régulièrement dans l’occupation, comme le montrent les photos qu’ils postent sur des groupes appelant à venir nombreux pour déloger l’occupation.

La menace est donc réelle, et le rassemblement décidé ce matin en Assemblée Générale a permis de donner une réponse forte à ces menaces. Des centaines de personnes se sont réunies ce jeudi soir devant le centre pour soutenir l’occupation : des étudiants d’autres facs, des lycéens, des cheminots, ou encore la députée Danielle Obono. La délégation de soutien a insisté pour rentrer dans le centre, en insistant notamment sur la qualité de député de Mme Obono qui lui permet normalement d’accéder au centre. Mais ils n’ont eu droit à rien de plus qu’un cortège de CRS pour les accueillir, qui ont procédé à plusieurs contrôles d’identité musclés.
Cependant, force est de constater que le rassemblement a accentué la pression sur la direction de l’université. Celle-ci sait que l’occupation est trop légitime et trop importante pour espérer la déloger par la force. De plus, dans les effectifs de sécurité, à qui elle demande d’assurer une présence permanente au prix de conditions de travail déplorables, la fatigue commence à s’accumuler. Soucieux de ne pas croiser la route du rassemblement qui l’attendait à la sortie, le directeur du centre de Tolbiac, Florian Michel, a été exfiltré par la sécurité d’une manière qui prête à sourire : il est sorti du centre en rampant sous les grilles soulevées par les agents de sécurité, sous les rires des étudiants présents.

Une mésaventure qui en dit long sur le niveau de déconfiture de la présidence de l’université Paris 1. Son agressivité ne saurait masquer autre chose que sa fébrilité face à une mobilisation qui prend de l’ampleur. Dans un contexte où les occupations de facs se multiplient mais que le mouvement peine à grossir en région parisienne, les étudiants de Paris 1 réunis ce matin en Assemblée Générale ont appelé à faire du centre de Tolbiac le quartier général de la mobilisation contre le plan étudiants et le gouvernement Macron. Les étudiants, lycéens et travailleurs qui souhaitent y passer pour s’informer, assister aux activités animées sur la fac ou encore s’organiser pour leur propre lutte y sont les bienvenus. C’est le sens du mot d’ordre adopté par le comité de mobilisation : « Tolbiac occupée, Tolbiac libérée », en grève jusqu’au retrait de toutes les contre-réformes du gouvernement Macron.




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