Monde

Jusqu’où ira-t-on ? Présidentielles US

Une semaine avant l’élection, nouveau rebondissement dans l’affaire des emails de Clinton

Publié le 31 octobre 2016

Le FBI a choisi, à une semaine de l’élection présidentielle américaine, de relancer l’enquête sur les emails d’Hillary Clinton, accusée d’avoir utilisé une boite mail non sécurisée lorsqu’elle dirigeait la diplomatie américaine. Une annonce surprise qui pourrait bien bouleverser le sort de l’élection.

Georges Camac

À une semaine des élections, voici donc la présidentielle américaine relancée. Alors que tous les sondages donnaient jusqu’ici Clinton largement gagnante face à Trump, l’annonce a changé la physionomie du scrutin. La candidate démocrate ne domine plus que de quelques points Trump et celui-ci apparaît même en tête de certains sondages. L’équipe de campagne de Clinton a immédiatement dénoncé l’intervention du FBI dans la campagne présidentielle tandis que, côté républicain, on se réjouit évidement de cette annonce.

Scénario surprise à une semaine de l’élection

Pour ceux qui espéraient encore qu’on puisse parler de politique dans cette élection américaine, c’est donc une nouvelle douche froide. A une semaine seulement du scrutin, les gros titres des médias sont accaparés par l’affaire des emails d’Hillary Clinton, relancée par le FBI pour une obscure raison. En cause, des milliers de courriels retrouvés sur l’ordinateur de l’ex-mari d’une très proche conseillère de MmeClinton, Huma Abedin, par ailleurs connu pour avoir harcelé sexuellement par SMS de nombreuses femmes, notamment une mineure de 15 ans.

Quel est le lien entre les mails retrouvés sur l’ordinateur de M. Abedin et l’affaire Clinton, qui avait utilisée une boite mail non sécurisée dans le cadre de ses missions à la tête de la diplomatie américaine ? Les informations données jusqu’ici par le FBI ne permettent pas de le savoir. Ce qu’on comprend bien en revanche, c’est que le spectre de voir dévoilées les méthodes utilisées par la diplomatie américaine pour mener ses sales besognes partout dans le monde inquiètent au plus haut point les services secrets américains.

Mais le peu d’éléments communiqués par le président du FBI ouvre la voie à toutes les spéculations. D’ores et déjà, l’équipe de campagne de Clinton s’est dite scandalisée par cette annonce, accusant à demi-mots le FBI de vouloir favoriser le candidat républicain. Par la voix de son président de campagne, le camp démocrate a fait savoir que « En fournissant de façon sélective des informations [le directeur du FBI] a ouvert la voie à des distorsions et à des exagérations partisanes pour infliger le plus de dommages politiques ».

Le bouquet final d’une campagne grotesque

Cette annonce surprise vient clôturer en beauté des mois de règlements de comptes médiatiques où les différentes « affaires » de chacun des candidats auront bien plus influencé les sondages que les propositions politiques. Un profil de campagne qui exprime l’état de décomposition avancé du bipartisme américain, qui n’a plus grand chose d’autre à offrir qu’un divertissement médiatique nauséabond.

Côté Donald Trump, incarnation du sexisme et du racisme le plus crasse, on se réjouit d’avance que cette dernière affaire des emails de Clinton puisse faire oublier les nombreuses accusations d’agressions sexuelles dont il fait l’objet, ainsi qu’une toute récente plainte déposée contre lui pour fraude fiscale. Mais du côté démocrate, cette affaire aura au moins un avantage, c’est qu’elle permettra d’enterrer le désastre de la politique de santé menée par Obama, qui était jusqu’ici une des rares réalisations « sociales » du quinquennat démocrate. Un désastre révélé il y a quelques jours par l’annonce de l’augmentation du coût des assurances maladies de plus de 25% aux États-Unis.

Si la relance de l’enquête sur les mails de Clinton vient rajouter de l’incertitude dans les résultats de l’élection, une chose au moins est sûre après ces mois de campagne. Que ce soit du côté de Donald Trump ou d’Hillary Clinton, après des mois passés à amuser la galerie, on se prépare désormais à passer aux choses sérieuses : servir aux mieux les classes dominantes américaines.

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