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Société

Xénophobie

Université de Reims fermée : acharnement contre les populations migrantes

L’université de Reims (URCA) a été fermée ce lundi et ce pour une durée indéterminée suite à la décision du président de la fac qui jugeait que « la sécurité du domaine universitaire n’était plus assurée » après qu’une quarantaine de personnes migrantes, dont des enfants, ait eu à déplacer leur campement d’infortune dans le campus.

Début juin déjà, la police avait chassé une quinzaine de demandeurs d’asile qui se « logeait » sous des tentes d’infortune. Avec l’intervention d’associations d’aide aux réfugiés, le camp avait alors été déplacé dans le parc Saint-John Perse. Le 14 septembre, le maire demande une nouvelle évacuation. Face à cette énième menace, par une concertation entre les migrants et les associations, il avait été décidé que les familles s’installeraient sur le campus de l’URCA, les autorités n’ayant bien sûr pas prévu de mettre à disposition des logements décents aux individus et aux familles fuyant la misère.

Suite à l’installation sommaire d’une quarantaine de migrants sur le campus, dont des enfants, le président de la fac, Guillaume Gellé, s’est empressé de mettre en place un arrêté pour fermer l’université pour « occupation irrégulière du domaine public » aux vues du « contexte national d’état d’urgence ». Et ce, jusqu’à ce que les migrants soient encore une fois expulsés. Et Guillaume Gellé de déclarer à France Bleu, « La sécurité du domaine universitaire n’est plus assurée ». Ce à quoi l’UNEF a répondu par un communiqué lançant un appel à « la solidarité envers ces réfugiés ».

Le plus révélateur de la politique anti-migrants dans tout cela est le motif choisi pour justifier la fermeture de l’université : « risques immédiats pour la sécurité des biens et des personnes ». Encore une fois, la politique globale vise à discriminer les personnes migrantes, en les assimilant de facto à une dangereuse menace pour la sécurité. La direction de l’université suivant ainsi cet appel à la discrimination et à la paranoïa sécuritaire. Par contre, la sécurité des personnes migrantes qui sont laissées à la rue et chassées régulièrement de leur habitat d’infortune, elle, passe en revanche à la trappe.

La direction de l’URCA (Université de Reims Champagne-Ardenne) compte porter plainte dans la journée pour occupation illégale du domaine privé de l’État. En plus d’avoir engendré par le choix délibéré de la fermeture de l’université un certain mécontentement des étudiants qui risque de se retourner contre les populations migrantes plus que contre les dérives sécuritaires et anti-migrants de la direction.

Face à ce mépris et cette stigmatisation croissante des populations migrantes laissés à leur sort nous ne pouvons qu’être solidaires avec eux et rappeler la responsabilité de la classe politique dominante. Ce sont ceux qui aujourd’hui instillent cette peur et ce mépris vis-à-vis des populations migrantes qui ont créé, par les bombardements à travers le monde, la cruelle nécessité de l’exil pour beaucoup de migrants.




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