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Société

Endoctrinement de la jeunesse

Vers un retour au service militaire obligatoire ?

Si l’idée d’un retour au service militaire obligatoire n’est pas nouvelle, faisant suite à la vague d’attentats qui se sont déferlés en France ces dernières années, l’idée revient à grand pas. Quasiment tous les bords politiques sont d’accords à quelques mots et chiffres près pour la mise en place d’un régime de militarisation au sein de la jeunesse.

« Renforcer le lien armée-nation », améliorer la « solidarité » et la « cohésion nationale », voire une « sensibilisation » aux enjeux de défense et « sécurité nationale », ou encore de vivre une expérience personnelle et collective de la citoyenneté, voici les arguments utilisés pour « mieux vendre » son projet auprès de la population par le biais des médias. Mais voyons comment s’articule vraiment ce projet de loi. La formation se divise en deux grands volets, le premier consiste à passer trois mois de « classe républicaine » pendant la période estivale du 1er juillet au 1er octobre dès l’âge de 18 ans, le second volet est une période pendant laquelle on va travailler dans des missions successives d’intérêt public ou national pendant 6 mois, avec une rémunération de 470€ sans aucune cotisation ni protection sociale. En gros passer 9 mois de notre vie à solde de l’état ; les vacances si méritées après le bac seront remplacées par trois mois d’éducation républicaine plus six mois de travail contre son gré.

Nous pouvons imaginer déjà ce qui se cache derrière cet endoctrinement idéologique de la jeunesse. Ce dispositif permettra en outre de déboucher sur l’instauration d’un service militaire obligatoire d’une soit disant courte durée et qui a comme permettra la création d’une réserve mobilisable en cas de crise, complémentaire à la garde nationale.

L’objectif de la mise en place d’un service militaire obligatoire est de soumettre une partie de la jeunesse à un embrigadement où l’on accepte la domination instaurée et où l’on apprend à respecter et défendre les rôles préalablement établis. Surtout après l’épisode du printemps 2016, durant laquelle une partie significative des jeunes se sont soulevés contre la loi El Khomri et « le monde » que cette réforme symbolisait.

Les six mois de travail d’intérêt national vont permettre au gouvernement d’attaquer de plus en plus les services publics. Imaginez-vous une armée de jeunes payée sous le seuil de pauvreté en faisant des travaux de voirie dans les communes ? De quoi faire trembler les employés de la fonction territoriale des villes, de la voirie, des éboueurs, etc. et de quoi réjouir les libéraux qui prônent la destruction du publique et la casse du code du travail.

Les mois à venir seront cruciaux pour la suite du quinquennat : la nouvelle loi de travail et l’application du service national obligatoire sont deux faces d’une même pièce, une offensive des classes dominantes à l’encontre du monde du travail, et de la jeunesse. Les étudiants et les travailleurs doivent se mobiliser ensemble contre ces réformes réactionnaires. L’aggravation des conditions de travail va main dans la main avec l’augmentation de la répression et notamment dans la recherche d’un consensus social à travers un endoctrinement idéologique, grâce auquel les classes dominantes cherchent à dresser une jeunesse dévouée au travail et acceptant « soumission et respect » aux normes préétablies par les gouvernements successifs hostiles aux travailleurs.




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