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Notre classe

« C’est qui les menteurs ? C’est qui les casseurs ? »

ZEP. Belle mobilisation de l’Education prioritaire

Une longue journée de mobilisation parisienne des lycées de l’éducation prioritaire avec montée sur la capitale de plusieurs délégations. Elle a commencé par une AG qui a fixé le cadre d’une Coordination nationale Touche pas ma ZEP et qui a fini devant les locaux du plateau du troisième débat de la primaire pour interpeller les candidats : les enseignant-e-s et personnels en lutte de l’Education prioritaire n’ont pas économisé leurs forces, jeudi, et ont fait mentir les prévisions d’une ministre qui promet du vent et continue à ne pas voir la réalité du mouvement en jouant la montre. Eux veulent du concret, et tout de suite !

AG en fin de matinée pour se rencontrer et débattre : depuis le début de la mobilisation, à la rentrée de septembre, le mouvement n’a cessé de grossir au niveau national, d’où la nécessité de se retrouver. Parti du 92 à l’automne, avec une grève reconductible au Lycée Joliot Curie, l’appel « Touche pas ma Zep » recueille maintenant l’adhésion de 115 établissements issus de 14 académies et il est soutenu par plus de 350 universitaires et spécialistes des questions d’éducation, de Philippe Mérieux à Stéphane Beaud. Rien à voir, donc, avec la com’ d’une ministre qui continue à parler d’un mouvement très isolé.

Avec la montée à Paris de plusieurs délégations de personnels, notamment de l’académie d’Aix-Marseille mais également Tours et Amiens, l’AG, regroupant 120 personnels, a ratifié les revendications qui sont celles de l’éducation prioritaire et face auxquelles la ministre en exercice, Najat Vallaud-Belkacem, fait la sourde oreille après avoir fait mine d’y répondre.

Les grévistes revendiquent le maintien de l’ensemble des primes et bonifications liées aux différents systèmes de l’éducation prioritaire en lycée ainsi que leur extension à l’ensemble des personnels qui n’en bénéficient pas et sont pourtant en première ligne, AED (surveillants), assistants de vie scolaire (AVS), etc. Ils réclament également des moyens supplémentaires. La ministre, qui souhaite démanteler l’ensemble des réseaux existants, a mis en place une « clause de sauvegarde » des primes jusqu’en 2020 et a annoncé 450 postes, qui sont en réalité des postes déjà attribués qui seront ponctionnés sur d’autres établissements. « Non, c’est non ! », ont dit les grévistes qui, depuis la rentrée de janvier, n’ont pas baissé la garde avec plusieurs temps forts qui ont été organisés localement ou à échelle régionale. Et la mobilisation se poursuit, en dépit du climat pré-électoral : en témoigne le cortège de 1000 enseignants, personnels, parents et lycéens d’Ile-de-France mais également des académies d’Aix-Marseille, Tours et Amiens, qui a défilé en début d’après-midi entre la Place de la Sorbonne et le ministère de l’Education, où Vallaud-Belkacem présentait ses vœux. Le matin, à Marseille, plus de 300 grévistes et leurs soutiens étaient rassemblés en écho à la manif parisienne. « C’est qui les menteurs ? C’est qui les casseurs ? », ont scandé les manifestants en direction des ministres successifs de l’Education qui se sont succédés aux commandes rue de Grenelle depuis 2012.

Les syndicats de l’éducation, sans se dissocier du mouvement, ne le soutiennent que du bout des lèvres. Rien n’est fait, concrètement, pour le consolider et encore moins l’étendre aux collèges et au primaire. Le mouvement sur les lycées souligne pourtant les difficultés auxquelles sont confrontées l’ensemble des structures et des personnels travaillant en zones défavorisées et la capacité de pression ne serait que plus grande si un mouvement large se mettait en place.

En attendant, face au silence de la ministre qui ne répond ni aux grévistes ni aux élus de région parisienne et de Marseille qui l’ont interpellée, les personnels ont décidé de s’adresser directement à celui qui est censé être président en exercice, Hollande, et à ne pas baisser la pression. Un prochain rendez-vous a été fixé, par la Coordination nationale Touche pas ma ZEP, pour le vendredi 27 janvier, au moment où les dotations pour la rentrée 2017 sont connus dans les établissements et surtout à l’avant-veille du second tour de la primaire de socialistes qui sont censés mettre l’éducation au cœur de leurs priorités. Ils apprécieront, à n’en pas douter.




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