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Société

Impunité policière

7ans après : du sursis pour les trois policiers accros au flash-ball qui ont mutilé Joachim

Le moins que l'on puisse dire c'est que, dans la nuit du 8 juillet 2009, la police de Montreuil a eu la gâchette du flash-ball facile. Sur une seule intervention, ce ne sont pas moins de six personnes qui ont été blessées à bout portant par trois policiers alors que, selon l'enquête de l'IGPN, rien ne justifiait une telle répression. Parmi les victimes, Joachim Gatti a perdu son œil, comme tant d'autres manifestants victimes de la violence policière. Ce 16 décembre, la justice a tranché. Une attente de sept ans qui débouche, in fine, sur des sanctions extrêmement légères. Boris Lefebvre

vendredi 16 décembre 2016

Trois policiers, six tirs de flash-ball, deux chacun, tous en direction du haut du corps, zone qu’il est pourtant interdit de viser…. Six blessés. Dans la nuit du 8 juillet 2009 à Montreuil, ce n’est pas à une bavure que l’on a assisté, mais bien à un usage de la force délibérément violent et répressif. Mais on pourrait rétorquer que ce n’est que le zèle de policiers qui seraient allés au-delà de leur fonction. Impossible ! les témoignages des trois policiers accusés sont unanimes : la hiérarchie leur avait donné « carte blanche ». Ainsi se révèle la violence structurelle de la police.

Mais cette affaire révèle aussi, sept ans plus tard, que la police jouit d’une impunité quasi-totale dans l’usage de la force, contrairement à ce que les récentes manifestations nocturnes des forces de répression veulent faire croire. En 2009, l’occupation d’une ancienne clinique réhabilitée en lieu associatif et politique à Montreuil dérange les autorités et conduit à l’expulsion du bâtiment. Un repas de rue de protestation est organisé le 8 juillet ainsi qu’une marche nocturne vers la clinique. La police est en embuscade, sirènes et gyrophares éteints. Soudain, les policiers sortent leurs flash-balls et les pointent en direction des manifestants. Ceux-ci n’ont même pas le temps de partir que la police tire sur eux dans l’intention de blesser et sans sommation. Cette pratique manifestement punitive montre le degré d’impunité avec lequel la police entend réprimer toute opposition. Cependant, ce soir-là, elle n’a pas fait que des ecchymoses aux jambes ou dans le dos des manifestants. Elle a aussi mutilé. En effet, Joachim Gatti perd un œil suite à cette rafale de flash-ball et à l’absence de secours des forces de l’ordre.

Les peines prononcées ce vendredi contre les policiers sont édifiantes tant elles accréditent l’impunité totale dont la police jouit. 15 mois de prison avec sursis et 18 d’interdiction de port d’arme pour le responsable de la mutilation de Joachim. 7 et 10 mois de prison avec sursis et 12 mois d’interdiction de port d’armes pour les autres policiers responsables des autres blessures. Alors que l’IGPN a parfaitement mis en évidence que la version des faits des policiers était mensongère (les policiers n’ont pas eu à répondre à des jets de projectiles) et que la responsabilité des forces de répression est attestée, la justice trouve encore le moyen de disculper une police structurellement violente et répressive.

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