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Augmentez les salaires !

« Accord de la honte » : l’UNSA et la CFDT signent un accord salarial scandaleux à la SNCF

Alors que la perspective d’une grève à la SNCF pour les fêtes de fin d’année agitait la presse depuis quelques jours, l’UNSA et la CFDT ont décidé de signer cet « accord de la honte ». L'accord n'est pas validé car SUD-Rail et la CGT Cheminots, qui représentent plus de 50%, ne sont pas signataires. L'heure est à la discussion des suites et d'une éventuelle grève sur les salaires.

Lisa Mage

23 novembre 2023

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« Accord de la honte » : l'UNSA et la CFDT signent un accord salarial scandaleux à la SNCF

Crédit Photo : Wikipédia Commons

Depuis le début du mois de novembre, les négociations annuelles obligatoires se sont ouvertes à la SNCF. Face au mépris de la direction et de leur proposition de « revalorisation salariale » d’à peine 1,8 %, le syndicat SUD-Rail avait rédigé une lettre aux autres syndicats représentatifs en appelant à la mobilisation. Un appel resté pour l’instant sans réponse. En revanche, l’UNSA ferroviaire et la CFDT Cheminots ont annoncé ce jeudi la signature de cet « accord de la honte » qui entérine une perte de salaire réel conséquente par rapport à l’inflation globale, atteignant plus de 5 %, et encore plus élevée si l’on considère les produits de première nécessité et les services tels que l’électricité.

« L’Unsa avait déjà annoncé qu’ils allaient signer et pour la CFDT, c’était quasiment sûr aussi. C’est un véritable crachat au visage pour tous les travailleurs qui réclament des augmentations à la hauteur de l’inflation, dans un contexte où l’entreprise va bientôt annoncer à nouveau des bénéfices records », dénonce Laura, cheminote syndiquée à SUD-Rail. En plus d’être une insulte aux travailleurs, l’accord est doublé d’une menace de diminuer encore plus une augmentation déjà plus que modeste si jamais les syndicats refusaient de signer.

Du côté de SUD-Rail et de la CGT Cheminots, la réponse est la non signature de l’accord proposé par la direction de la SNCF. « Mais au-delà du refus de principe face à cette insulte faite à tous les cheminots, il s’agit maintenant de voir comment on va chercher de véritables augmentations de salaire qui compensent véritablement la baisse du pouvoir d’achat créé par l’inflation », explique Laura.Même son de cloche chez le syndicaliste de SUD-Rail Fabien Villedieu qui, sur le plateau de BFM, expliquait le 15 novembre qu’« il faut se bouger pour les salaires. C’est le devoir des organisations syndicales de dire que face à cette situation économique dramatique, il faut augmenter les salaires. Et la question des salaires, ça concerne tous les secteurs d’activité, pas que les cheminots ».

Face au media-bashing que subissent les cheminots à chaque mobilisation, les accusant d’être des preneurs d’otages, il est important de rappeler que ceux qui s’en prennent aux usagers, ce sont les dirigeants de la SNCF qui, en dépit des bénéfices toujours plus important engrangés chaque année, cassent toujours plus la qualité du service pour les usagers et refusent d’accorder des revalorisations salariales décentes aux cheminots.

« On a le droit à des augmentations de salaires, on travaille dur, on a des familles, des enfants, on travaille les jours fériés, les weekends et les fêtes, souvent en horaires décalés. Les véritables preneurs d’otage, c’est la direction qui, alors même qu’elle serait en capacité de donner des augmentations de salaires dépassant à minima l’inflation, préfère augmenter ses marges », s’indigne la cheminote.

Lire aussi : Panique dans les médias : vers une grève à la SNCF pour les fêtes ?

D’ailleurs, après avoir essayé de faire du chantage à la signature disant qu’elle allait réduire à 1% au lieu de 1,8% en cas de non validation de l’accord par la majorité des organisations syndicales, la direction vient d’annoncer qu’elle décidait tout de même de mettre en œuvre les mesures annoncées lors de la table ronde du 8 novembre. Cela montre une chose : que la direction est bien consciente du mécontentement qui monte chez les cheminots et du fait que les augmentations proposées ne sont pas suffisantes. Ce sera de sa responsabilité si un mouvement de grève venait à voir le jour d’ici quelques semaines, faute de réponse aux revendications légitimes des cheminots.

Si la situation fait particulièrement de bruit à la SNCF, en raison du pouvoir de blocage de ses travailleurs, il ne faut pas oublier que la question des salaires est une problématique qui touche tous les secteurs d’activité. Comme le précise ainsi la syndicaliste : « Il faut maintenant réfléchir à comment construire le rapport de forces à la SNCF, il est urgent que les cheminots et cheminotes s’organisent à la base pour aller chercher des revalorisations salariales par la grève , le seul langage que comprennent nos dirigeants. Il faut également commencer à poser sur la table la perspective d’une mobilisation nationale d’ensemble, du privé comme du public, pour les salaires et leur indexation sur l’inflation ».


        
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