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Arnaques SFAM. Une salariée de la FNAC dénonce « des méthodes de bandits »

Dans le cadre de notre appel à témoignages concernant les méthodes de la SFAM, une salariée de la FNAC nous a fait parvenir les dessous de la connivence entre son entreprise et le géant de l'assurance. « Le discrédit qu'a apporté cette sombre affaire sur nos métiers aurait pu être évité si mon employeur n'avait pas été si avide d'argent facile quitte a flirter avec des méthodes de bandits », explique t-elle.

mardi 6 octobre

Crédits photo : PIERRE-FRANCK COLOMBIER/AFP

Je suis employée dans une Fnac du sud de la France, et dans le désir de conserver l’anonymat je ne nommerai pas la ville de mon magasin et utiliserai le pseudo de Catherine.

En préambule, veuillez noter que la Fnac ne vend plus les produits Sfam même si des pratiques peu recommandables perdurent avec le nouvel assureur partenaire ainsi qu’avec le service de création de sites internet "gratuits" Hubside (lequel est une filiale de Sfam). Notez également que Sfam demeure le 2éme principal actionnaire de la Fnac a hauteur de 11,6% du capital.

Pendant la période Sfam, la Fnac a délibérément invité ses employés à utiliser des méthodes de vente illégales, dispensées par les cadres du magasin et par la multitude de "coachs" SFAM omniprésents et très actifs dans les boutiques. Les principaux mots d’ordre étaient de ne jamais utiliser le terme "assurance" devant le client au profit de "couverture gratuite".

Était préconisé de taire la tarification du service et de parler de la gratuité d’un mois ainsi que des 30 euros remboursés en guise de bienvenue (lesquels n’étaient remboursés qu’en cas de conservation de l’assurance, ce que nous devions taire également.). Réclamer le RIB du client sous prétexte du remboursement des 30 euros (alors qu’il sert a éditer un mandat de prélèvement SEPA), faire signer un contrat illisible sur une tablette, ne remettre aucun document palpable pour le client sont autant de dérives qu’on déjà dénoncé les associations de consommateurs et qui étaient le quotidien des vendeurs soumis a des pressions insupportables de leurs supérieurs.

La carotte pour faire passer la pilule à des vendeurs parfois réticents était la prime de 5 euros par contrat vendu et conservé par le client, ce qui a permis à certains de mes collègues peu scrupuleux de gonfler facilement leur mince salaire mais aussi de donner lieu a de nombreuses dérives alarmantes (ventes a des seniors peu alertes et ne possédant pas de mail pour recevoir leur contrat, ventes a des étrangers comprenant mal la langue, ...).

Tous les matins, un point était fait par les cadres dirigeants sur les résultats de ventes de Sfam et le propos était parfois violent quand ces derniers étaient en dessous des attentes de la direction. Les vendeurs récalcitrants ou peu performants étaient montré du doigt et soumis a des convocations multiples pour les faire rentrer dans le rang.

La menace de sanctions voire de licenciements était aussi la principale arme de la Fnac pour motiver les troupes. De nombreux collègues dans toute la France ont démissionné suite a ces pressions et l’un d’entre eux a été licencié.

La Fnac a donc délibérément usé des techniques répréhensibles de son actionnaire sans avoir été inquiétée par les même sanctions. Cela ne dédouane pas le comportement de certains de mes collègues, mais le management par la peur a pu induire ce genre de dérives chez certains.

Peut être auraient ils été plus réticents s’ils avaient su qu’ils étaient responsables pénalement de leurs actes, ce que la Fnac a bien évidement oublié de leur préciser. J’aime mon entreprise, mais le discrédit qu’a apporté cette sombre affaire sur nos métiers aurait pu être évité si mon employeur n’avait pas été si avide d’argent facile quitte a flirter avec des méthodes de bandits.




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