^

Politique

Bordeaux. Risque d’expulsion imminente pour “LA ZONE LIBRE” 

Le squat “La Zone Libre”, ouvert en novembre 2019 par plusieurs collectifs Girondins à Cenon, et ayant accueilli près de 160 personnes dès sa première semaine d’ouverture, s’apprête à faire face dans les jours qui viennent à un mandat d’expulsion. Ce sont plus de 350 personnes, incluant des familles dont 115 enfants et des personnes demandeuses d’asile, qui sont menacées d’être mises à la rue.

jeudi 18 juin

L’ancienne RPA (résidence pour personnes âgées), possédée par Logevie, est à l’abandon. La quiėtude du centre commercial qui lui est proche et un projet de logement, visant à maximiser toujours plus les profits, est une raison suffisante pour la préfecture de Bordeaux, de mettre à la rue près de 350 personnes dont plus de 100 enfants. La société devrait bientôt déposer un permis de démolir pour la zone afin de bâtir de nouveaux logements. Les gérants du squats bataillent en justice pour obtenir gain de cause. 

La semaine dernière, un huissier a remis un commandement de quitter les lieux sous 48 heures aux résidents, suscitant colère, indignation et mobilisation du tissu associatif local. Le délai est déjà passé et la préfecture dit ne pas avoir été saisie pour intervenir. Mais une épée de Damoclès est désormais présente au dessus de leurs têtes et une expulsion imminente est à craindre.

Cette énième expulsion intervient dans un contexte où l’état d’urgence sanitaire est encore promulgué jusqu’au 10 juillet ce qui n’a pas empêcher la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, Fabienne Buccio, de promulguer un mandat d’expulsions à leur encontre. Celle-ci a remplacé Didier Lallement ex-préfet à Bordeaux, et est célèbre pour ses talents d’expulsion, en ayant démantelé la jungle de Calais et plongé plus profondément encore des milliers de migrants dans la misère. L’été dernier, elle a mené la politique d’expulsion massive de différents squats à Bordeaux, mettant à la rue des milliers de personnes.

En pleine période de crise sanitaire et économique alors même que certains résidents sont là après avoir perdu leur boulot suite au covid, ils surenchérissent en voulants précariser toujours plus les résidents.
Cette menace d’expulsion met en péril l’accès aux soins de ces personnes particulièrement exposées aux risques sanitaires et anéantirait le travail effectué depuis plusieurs mois par les associations pour protéger ces familles en situation de grave précarité. Le confinement avait permis de gagner un peu de temps, mais l’état d’urgence sanitaire promulgué jusqu’au 10 juillet n’y a rien fait.

Une situation qui concerne jusqu’à 1900 personnes dans la métropole selon Brigitte Lopez, du Réseau Education Sans Frontière, alors que 22 473 logements sont aujourd’hui vacants à Bordeaux.

La Gironde est le département qui compte le plus de squats et bidonvilles en France. La gestion est minable, mauvais suivi, personnes qui se retrouvent expulsées dans le mauvais pays. Alors que le 115 de Gironde refuse 300 appels d’hébergement d’urgence par jour, la préfecture anéantit les initiatives solidaires qui se mettent en place.

Il est nécessaire de rappeler d’une part que « Lorsque des sans-abris occupent un lieu vacant, la loi dit qu’après deux jours, cela devient leur domicile, quelque soit le lieu. Ils sont occupants sans titre et ils ne peuvent être expulsés que par voie judiciaire » et d’autre part que le recours à la force publique pour faire évacuer les lieux doit être précédé d’une enquête sociale destinée à évaluer les besoins de relogement. Enquête qui n’a pas eu lieu comme l’assure Kiko Vergala, éducateur bénévole à la Zone Libre. 

Les associations réclament un meilleur suivi et une non-intervention des forces de police« Nous appelons les riverains, les associations ainsi que les personnalités (artistes, responsables politiques, universitaires…) à soutenir les personnes, les familles qui s’abritent à la zone libre de Cenon (ex RpA Ramadier) en s’exprimant publiquement et/ou en venant sur place témoigner de leur soutien jeudi 18 juin à 18h à l’occasion de l’assemblée générale hebdomadaire. »

Ce lundi, les familles de résidents de la Zone libre ont manifesté devant le conseil municipal de Cenon qui se tenait exceptionnellement au Rocher de Palmer.

Mercredi, Place Pey Berland, face à la mairie de Bordeaux, une manifestation en soutien à la Zone libre à été appelée par plusieurs collectifs.
Face à ces attaques nous devons exiger :
Une non-intervention des forces de répression.
La régularisation de tous les sans-papier ou personnes en cours de régularisation et l’ouverture des frontières pour accueillir dans la dignité tous les migrants, sans tri de statut.
La réquisition de tous les logements vides et le relogement de tous les résidents de la Zone Libre, et ce accompagné d’un plan de travaux de construction de logements sociaux qui aurait le double avantage d’apporter une réponse de fond au problème du mal-logement et de créer des emplois.

Lien du communiqué de presse

Lien vers la pétition

Crédits photo : K. V.




Mots-clés

Migrants   /    expulsion   /    Bordeaux   /    Politique