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Caucase. Bombardements à la frontière entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie

Ce mardi, l'artillerie azérie a commencé à attaquer des villes frontalières, rouvrant ainsi le conflit entre les deux pays.

mercredi 14 septembre

Article accessible dans sa version originale sur le site du journal La Izquierda Diario, journal frère de Révolution Permanente.

Le 13 septembre à minuit, une alerte a été lancée, annonçant plusieurs attaques des forces militaires azéries à plusieurs endroits de la frontière arménienne. Selon les rapports du ministère arménien de la Défense, l’artillerie, les armes de gros calibre et les drones ont bombardé les villes de Vardenis, Goris, Sotk et Jermuk, des enclaves situées le long de la frontière orientale du pays. Il s’agirait d’une attaque contre des localités situées à l’intérieur du territoire officiellement reconnu du pays, et non contre des lieux situés dans la République autonome du Haut-Kharabakh, qui est au cœur du différend entre les deux pays.

Ces derniers jours, des politiciens azéris avaient accusé l’Arménie d’être à l’origine de tirs à la frontière tandis qu’ils annonçaient des "préparatifs militaires azéris". Cette campagne médiatique, selon les politiciens arméniens, a coïncidé avec la préparation par Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, d’une "nouvelle provocation à la frontière", en essayant avant tout de lui "donner une légitimité informative".

Cette situation accroît la tension entre les deux pays, qui ont été impliqués il y a moins de deux ans dans la deuxième guerre du Haut-Kharabakh, fin 2020, qui a coûté la vie à près de 3 000 soldats de chaque côté et à plusieurs dizaines de civils. Dans ce conflit, l’Azerbaïdjan a pris le contrôle d’une grande partie du territoire autonome en litige avec l’Arménie, ainsi que de certaines parties du Nagorny-Kharabakh lui-même. Cependant, depuis la première guerre en 1994, après la dissolution de l’URSS, aucune enclave à l’intérieur du territoire arménien reconnu n’a été attaquée.

Bien que les tensions et les multiples litiges territoriaux entre les deux pays remontent à plusieurs décennies, le casus belli ne semble pas, cette fois, provenir de cette seule source. Ce lundi, le ministre azéri de l’Energie a annoncé une augmentation de 30 % des exportations de gaz vers l’UE. Le principal allié de l’Azerbaïdjan, la Turquie, elle-même membre de l’OTAN, a poussé le pays caspien à émerger comme une alternative énergétique pour l’Europe, dans le sillage de la guerre en Ukraine et des sanctions économiques imposées par l’UE à la Russie.

Il y a cinq jours, le ministre azéri des affaires étrangères a rendu visite à son homologue espagnol, Albares Bueno, lors d’une réunion au cours de laquelle ils ont souligné "l’intérêt des entreprises espagnoles à investir en Azerbaïdjan", ainsi que l’amélioration des relations entre l’UE et Bakou. Selon le ministre du PSOE, "l’Union européenne soutient les efforts de médiation dans la région et est prête à contribuer à garantir la paix entre l’Azerbaïdjan et l’Arménie". Ces efforts de rapprochement diplomatique avec l’UE et l’OTAN s’inscrivent dans le contexte de la crise énergétique européenne, aggravée par l’interruption des livraisons de gaz russe. De plus, Moscou, l’allié stratégique le plus important de l’Arménie avec plusieurs bases et des troupes déployées, est à la croisée des chemins, ayant reculé ces dernières semaines dans son offensive en Ukraine.

Ce conflit, qui s’ajoute à la guerre en Ukraine suite à l’invasion de Poutine, les tensions entre la Serbie et le Kosovo et la menace d’un conflit avec la Chine au sujet de Taïwan, est un autre exemple de l’augmentation des tensions guerrières à l’échelle mondiale, qui se manifestent en raison de la crise capitaliste et énergétique et du réarmement effectué par les pays impérialistes en réponse.



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